Slash : guitariste iconique, Guns N’Roses et carrière solo
L’essentiel en 30 secondes
- Slash (né Saul Hudson, 1965, Londres) est l’un des guitaristes les plus iconiques de l’histoire du rock.
- Révélé avec Guns N’Roses (1985), il a joué sur Appetite for Destruction (1987) — l’album hard rock le plus vendu de tous les temps.
- Il mène depuis 2010 une carrière solo avec Slash feat. Myles Kennedy and the Conspirators.
- Ses chapeaux haut-de-forme, ses cheveux noirs et ses riffs en Les Paul sont devenus des icônes de la culture rock mondiale.
Dans la galaxie des guitaristes rock, Slash occupe une place à part : celle de l’homme qui a rendu la guitare électrique aussi iconique visuellement qu’elle l’est musicalement. Le chapeau haut-de-forme, la cigarette au coin des lèvres, les cheveux noirs qui cachent le visage, et la Les Paul que l’on reconnaît entre mille — tout cela compose un personnage dont la silhouette est reconnaissable aux quatre coins du monde, même par des gens qui n’écoutent pas de rock. Mais derrière l’image, il y a un guitariste d’exception dont les riffs ont défini une époque. Photographe de concert, j’ai eu la chance de le photographier lors de sa tournée Living the Dream en 2019 — des images disponibles dans ma galerie. Voici son histoire complète.

Londres, 1965 : naissance d’une légende future
Saul Hudson naît le 23 juillet 1965 à Hampstead, à Londres. Son père, Anthony Hudson, est un directeur artistique qui a travaillé pour David Bowie ; sa mère, Ola J. Hudson, est une styliste et costumière de mode qui a habillé Diana Ross, Ringo Starr et Bowie lui-même. Slash grandit donc entouré de créatifs et de musiciens, dans une atmosphère qui valorise la transgression artistique et l’expression personnelle. Sa famille déménage à Los Angeles quand il a 11 ans, et c’est dans cette ville qu’il va découvrir la guitare et se forger.
Il commence à jouer à 15 ans, en autodidacte, en écoutant les blues men qu’il admire — Robert Johnson, B.B. King — et les groupes rock des années 1970 et 1980. Sa progression est fulgurante : en quelques années, il développe un style qui lui appartient en propre, ancré dans le blues mais ouvert aux excès et à l’énergie du hard rock. En 1985, il rejoint un groupe qui commence à faire parler de lui sur le Sunset Strip de Los Angeles : Guns N’Roses.

Guns N’Roses : Appetite for Destruction et la gloire
Quand Appetite for Destruction sort en 1987, rien ne laisse présager que cet album de hard rock par un groupe de Los Angeles va devenir l’album hard rock le plus vendu de tous les temps, avec plus de 30 millions d’exemplaires écoulés. Pourtant, dès les premières notes de « Welcome to the Jungle », quelque chose se passe : une énergie brute, une authenticité qui tranche avec le glam metal factice de l’époque, et des riffs de guitare signés Slash qui semblent sortir tout droit des grandes heures du rock des années 1970.
« Sweet Child O’ Mine », avec son intro arpégée mythique — née d’un exercice de réchauffement improvisé que le groupe a décidé d’inclure dans une chanson — est peut-être le riff de guitare le plus reconnaissable des années 1980. Le solo de « November Rain » (1991) est l’un des solos les plus appréciés de l’histoire du rock. Slash ne joue pas pour montrer sa technique — il joue pour raconter quelque chose, pour faire vibrer une corde émotionnelle, et c’est ce qui fait de lui un guitariste à part.

Les années Velvet Revolver et le retour
Après avoir quitté Guns N’Roses en 1996 — suite à des tensions chroniques avec Axl Rose — Slash traverse une période difficile, marquée par l’addiction et la recherche de sa prochaine direction musicale. Il forme Slash’s Snakepit, enregistre un premier album solo (It’s Five O’Clock Somewhere, 1995), puis rejoint en 2002 un nouveau supergroupe avec d’anciens membres des Guns et de Stone Temple Pilots : Velvet Revolver. Le groupe publie deux albums (Contraband en 2004, Libertad en 2007) avant de se dissoudre en 2008 suite au départ du chanteur Scott Weiland.
L’album solo éponyme Slash (2010) marque le début d’une nouvelle ère. Produit avec une série de chanteurs invités — Ozzy Osbourne, Fergie, Lemmy Kilmister, Iggy Pop, Chris Cornell — il confirme que le guitariste peut rayonner en dehors de Guns N’Roses. Sa collaboration avec le chanteur Myles Kennedy et les Conspirators devient sa formation principale depuis 2010.
Slash feat. Myles Kennedy and the Conspirators
Depuis 2010, Slash feat. Myles Kennedy and the Conspirators est le projet principal du guitariste. Myles Kennedy — chanteur d’Alter Bridge — apporte une voix puissante et expressive qui complète parfaitement le jeu de Slash. Les albums Apocalyptic Love (2012), World on Fire (2014), Living the Dream (2018) et 4 (2022) montrent une formation en constante progression, capable de produire du hard rock de qualité tout en tournant dans les plus grandes salles du monde.
La réunion de Guns N’Roses (2016-2021)
En 2016, l’impensable se produit : Slash et Axl Rose mettent fin à leurs années de brouille et annoncent la reformation du line-up classique de Guns N’Roses. La tournée « Not in This Lifetime… » (2016-2019) devient l’une des tournées les plus rentables de l’histoire du rock, générant plus de 580 millions de dollars de recettes. Elle confirme que la magie entre Slash et le reste des Guns N’Roses est intacte — et que « Welcome to the Jungle » et « Paradise City » peuvent encore remplir des stades de 80 000 personnes en 2019.
Mes photos de la tournée Living the Dream 2019
J’ai photographié Slash lors de sa tournée Living the Dream en 2019, avec Myles Kennedy and the Conspirators. Retrouvez ces images dans ma galerie Slash Living the Dream Tour 2019. Le voir jouer en fosse, la Les Paul en bandoulière, chapeau vissé sur la tête, est l’un de ces moments où le mythe et la réalité se rejoignent parfaitement. Découvrez aussi mon travail sur ma page photographe et parmi mes tirages photo de concert.
Slash et l’école des guitaristes rock
La place de Slash dans l’histoire de la guitare rock est établie depuis longtemps, mais il est utile de préciser exactement ce qu’il apporte : une façon de jouer qui est techniquement solide sans jamais être froide, mélodiquement évidente sans jamais être simpliste. Là où certains guitaristes de sa génération misaient sur la vitesse pure ou sur la distorsion maximale, Slash a toujours préféré le goût — le choix de la note juste, du riff qui chante, du solo qui raconte quelque chose.
Cette sensibilité mélodique est directement héritée du blues — de cette tradition qui dit que chaque note doit avoir une raison d’être, que le silence compte autant que le son. Slash l’a appris en écoutant des bluesmen et en le transposant dans un contexte hard rock et metal. Le résultat est un style reconnaissable entre mille — ces riffs qui oscillent entre la puissance du rock et la fluidité du blues, ces solos qui évitent la démonstration technique pour chercher l’émotion.
Son influence sur les guitaristes des générations suivantes est immense et souvent sous-estimée. Des centaines de guitaristes des années 1990 et 2000 — de certains membres de Jet à des groupes de rock alternatif — ont absorbé le vocabulaire de Slash sans nécessairement le citer explicitement. Et si le chapeau haut-de-forme et la silhouette sont devenus des icônes de la culture pop, c’est parce qu’ils correspondent à quelque chose de réel dans la musique : une façon d’être guitariste qui est à la fois grand art et grand show. Pour voir l’énergie de ses concerts capturée en photo, découvrez ma galerie Slash 2019.
FAQ — Slash
Quel est le vrai nom de Slash ?
Saul Hudson, né le 23 juillet 1965 à Hampstead, Londres.
Avec quels groupes Slash a-t-il joué ?
Guns N’Roses (1985-1996, reformé 2016), Velvet Revolver (2002-2008), et Slash feat. Myles Kennedy and the Conspirators (depuis 2010).
Quel est le riff le plus célèbre de Slash ?
L’intro de « Sweet Child O’ Mine » (1987), reconnue dans le monde entier.
Slash joue-t-il encore avec Guns N’Roses ?
Oui, il a rejoint la reformation de 2016, et la tournée se poursuit.
Quel est son dernier album avec les Conspirators ?
4, sorti en 2022.
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