Gibson Les Paul : histoire, modèles et guide d’achat
La Gibson Les Paul est une guitare électrique à corps solide, lancée par Gibson en 1952 sous la direction de Ted McCarty et baptisée du nom du guitariste Les Paul. Sa recette tient en peu de mots : un corps en acajou coiffé d’une table en érable, un manche collé et un diapason de 24,75 pouces. Cette page est un guide complet : histoire, modèles, comparatif avec Epiphone et pièges d’achat, vu par un photographe de concert qui a vu passer ces silhouettes sous les projecteurs.
L’essentiel
- 1952 : naissance de la Les Paul chez Gibson, d’abord en finition Goldtop avec deux micros P-90.
- 1958-1960 : les Standard sunburst, les fameuses « bursts », fixent la légende.
- Standard, Custom, Junior, Special, Studio, Tribute : chaque modèle répond à un usage et à un budget différents.
- Gibson ou Epiphone : même dessin, finition, bois et micros très différents.
- Avant d’acheter : vérifier l’authenticité, le poids et le profil de manche, essayer plusieurs exemplaires.
Mis à jour le 29 octobre 2026.
Histoire de la Gibson Les Paul : de 1952 à aujourd’hui
1952 : Ted McCarty, Les Paul et le premier modèle
Nommé à la tête de Gibson en 1950, Ted McCarty fait appel au guitariste Les Paul pour donner son nom, et son image, à la nouvelle guitare. Le premier modèle sort de l’usine de Kalamazoo en 1952 : table dorée, corps en acajou, deux micros P-90 et un cordier-chevalet trapèze. Ce dernier est remplacé dès la fin de 1953, puis arrive le chevalet Tune-o-matic, que McCarty dessine et fait breveter. La part réelle de Les Paul dans le dessin de la guitare reste, elle, discutée. Sources : Wikipédia et Gibson Gazette.
Les années 1950 : Custom, Junior, Special, puis la Standard sunburst
La gamme s’élargit vite. La Custom arrive en 1954, noire et richement ornée. La Junior, très simple, apparaît la même année, suivie de la Special en 1955. La Goldtop reçoit le Tune-o-matic vers 1955, puis des humbuckers en 1957. En 1958, la Standard abandonne l’or pour une finition cherry sunburst qui laisse voir le dessin de l’érable. Ces exemplaires de 1958 à 1960 sont les « bursts ».

1960 à nos jours : la SG, le retour de 1968, la Studio
Au tournant de 1960-1961, Gibson remplace le dessin d’origine par la SG. Gibson relance la Les Paul en 1968 avec une Custom noire à deux humbuckers et une Goldtop à deux P-90. La Studio suit en 1983, la gamme Classic au début des années 1990. Aujourd’hui, Gibson décline la Les Paul en collections Original, qui visent les spécifications des années 1950 et 1960, et Modern, plus légères et plus polyvalentes.
Les modèles Gibson Les Paul : Standard, Custom, Junior, Special, Studio, Tribute
Tableau comparatif des modèles
| Modèle | Origine | Micros d’origine | Positionnement |
|---|---|---|---|
| Standard | 1958 (sunburst) | Deux humbuckers | Modèle de référence, table érable figuré |
| Custom | 1954 | P-90 puis trois humbuckers dès 1957 | Haut de gamme, noire, finitions dorées |
| Junior | 1954 | Un P-90 | Corps plat, chevalet wraparound, esprit brut |
| Special | 1955 | Deux P-90 | Junior plus soignée |
| Studio | 1983 | Deux humbuckers | Son de Standard, finition simplifiée, sans binding de corps |
| Tribute | Gamme actuelle | Humbuckers 490R et 490T (génération testée par Guitar.com) | Entrée de gamme Gibson, souvent allégée |
Chaque ligne est détaillée sur le guide des modèles de Gibson. Les caractéristiques du Tribute, elles, changent selon les années : vérifiez la fiche de l’instrument que vous visez.
Gibson Les Paul Standard : 50s ou 60s
Dans la collection Original, la Standard 50s reprend le manche épais d’époque et des Burstbucker 1 et 2 à aimants Alnico 2. La Standard 60s propose un profil SlimTaper plus fin et des Burstbucker 60s à aimants Alnico 5. L’une comme l’autre est non allégée, c’est-à-dire que le corps reste plein : plus lourd, plus de sustain pour beaucoup de guitaristes.
Fiche technique d’une Standard Original
| Élément | Les Paul Standard 60s (Original Collection) |
|---|---|
| Corps | Acajou massif, table en érable AA figuré, non allégé |
| Manche | Acajou, collé, profil SlimTaper |
| Touche | Palissandre, 22 frettes medium jumbo, rayon de 12 pouces |
| Diapason | 628,65 mm (24,75 pouces) |
| Micros | Deux Burstbucker 60s, aimants Alnico 5 |
| Chevalet | ABR-1 Tune-o-matic, cordier stop bar aluminium |
| Finition | Nitrocellulose brillante |
Source : fiche constructeur Gibson, Les Paul Standard 60s.
Custom, Junior, Special : trois caractères
La Custom, surnommée « Black Beauty », se reconnaît à sa finition noire, à son binding multiple et à sa quincaillerie dorée. La Junior n’a qu’un micro P-90 et un chevalet wraparound : peu de fioritures, un son direct. La Special ajoute un second P-90 et les commandes de la Standard. Le P-90 est un micro simple bobinage, plus mordant et moins rond que l’humbucker.
Studio, Classic, Tribute : l’accès à la Les Paul Gibson
La Classic apparaît au début des années 1990.
La Studio et le Tribute servent de porte d’entrée au catalogue Gibson. Dans l’essai de Guitar.com, un Tribute de la génération alors en vente, en finition satinée et allégé, affichait environ 3,49 kg contre 4,07 kg pour une Standard 50s. Un gain qui se sent sur une longue soirée.
1959, la « burst » : pourquoi une guitare vaut une fortune
Les estimations varient : entre 1 200 et 1 700 Standard sunburst auraient été livrées de 1958 à 1960, dont 500 à 600 en 1959. Le bois, les micros « PAF » (Patent Applied For) à aimants longs et le vieillissement de la finition expliquent une part de leur aura, mais la légende doit beaucoup aux disques et aux guitaristes qui les ont jouées. Guitar World cite notamment la « Number One » de Jimmy Page, la « Greeny » de Peter Green et la « Pearly Gates » de Billy Gibbons. Cette dernière nous ramène à ZZ Top, que j’ai photographié. Le prix d’origine d’une burst, environ 250 dollars à l’époque selon Guitar World, donne la mesure du chemin parcouru.
Gibson ou Epiphone : que change vraiment la marque ?
Gibson a racheté Epiphone en 1957 (Guitar World). Aujourd’hui, Epiphone fabrique ses Les Paul hors des États-Unis, essentiellement en Chine, et affiche la mention « Inspired by Gibson » sur les modèles dérivés.
| Critère | Gibson | Epiphone |
|---|---|---|
| Fabrication | États-Unis | Asie, surtout Chine |
| Positionnement | Guitare haut de gamme | Alternative bien plus abordable |
| Micros | Burstbucker sur les modèles Original | Selon les modèles, humbuckers ou micros de type P-90 |
| Finition | Nitrocellulose sur les modèles Original | Plus simple, bords moins nets d’après la presse |
| Usage conseillé | Scène, studio, collection | Débuter, répéter, deuxième guitare |
Dans un comparatif de Guitar World, l’Epiphone testée pesait un peu moins que la Gibson et présentait une finition moins précise sur les bords de pickguard et de boutons. Les prix s’écartent de plusieurs fois entre les deux marques.
Les Paul, Stratocaster, PRS : trois logiques
| Guitare | Lancement | Diapason | Particularité |
|---|---|---|---|
| Gibson Les Paul | 1952 | 628,65 mm (24,75 po) | Corps acajou, table érable, manche collé |
| Fender Stratocaster | 1954 | 648 mm (25,5 po) | Corps aulne ou frêne, manche vissé, trois simples |
| PRS Custom 24 | 1985 | 635 mm (25 po) | Mélange de formes Strat et Les Paul |
Le diapason plus court de la Les Paul donne des cordes un peu plus souples sous les doigts. Côté Fender, voir la Stratocaster et la Telecaster. Côté son, une Les Paul passe souvent par un ampli à lampes saturé, sujet traité dans l’histoire des amplis Marshall.
La Les Paul vue depuis la fosse : lumière, silhouette, finition

Cette partie ne dit pas ce que sonne une Les Paul, mais comment elle se laisse photographier. Je photographie des concerts depuis une vingtaine d’années, plus de 1 500 au total, principalement avec un Canon R5 et un 70-200 mm f/2.8. À cette focale, une guitare occupe l’image par sa silhouette avant tout : table sunburst, simple échancrure, tête à trois mécaniques par côté. C’est un repère visuel immédiat, y compris en noir et blanc, comme sur cette image de Slash, que j’ai photographié en concert. Son parcours est détaillé dans l’article consacré à Slash.
Sunburst, Goldtop, noire : trois réponses à la lumière de scène
Une finition sunburst à table érable flammée accroche les lumières et change de couleur selon l’éclairage : de l’ambre au rouge sombre. La Goldtop renvoie des reflets chauds qui peuvent saturer l’image : surveiller les hautes lumières. La Custom noire pose le problème inverse : sur un fond sombre, la silhouette se confond avec l’ombre, et seul le liseré de binding ou la quincaillerie dorée dessine le contour. Un contre-jour ou un faisceau latéral aide à la détacher. Pour les réglages, voir les meilleurs réglages pour photographier un concert et l’autofocus en basse lumière.

Cadrer le manche, la main et le chevalet
Les détails qui racontent la guitare sont le chevalet, les potentiomètres, le pouce sur la touche. Un cadrage serré sur la main droite, sur une scène éclairée à contre-jour, rend le geste lisible plus que l’instrument. Sur cette scène de festival, la guitare est un élément d’un ensemble : corps cambré, câbles au sol, foule en arrière-plan.

Le noir et blanc supprime la couleur du sunburst : il faut alors compter sur les formes et le contraste. Voir la photographie en noir et blanc et le classement des photos célèbres du rock. Pour approfondir le métier, comment devenir photographe de concert et la galerie de photos rock présentent l’univers.
Acheter une Gibson Les Paul : neuf, occasion, pièges
Neuf ou occasion
En neuf, la garantie, la fiche technique et le choix des finitions priment. En occasion, une Les Paul récente se négocie bien en dessous du neuf, tendance à confirmer sur les annonces du moment : aucun prix chiffré n’est donné ici faute de source datée. Un instrument vintage, lui, relève du marché de collection, où l’expertise est indispensable.
Reconnaître une fausse Les Paul
Les copies sont nombreuses. Les signaux relevés par Sonic State : logo Gibson incliné et non italique, têtes aux « cornes » peu marquées, inclinaison de tête faible, corps trop volumineux, cavités de câblage brouillonnes ou peintes en noir. Guitar World ajoute le binding, le couvercle de truss rod, les mécaniques, le chevalet et le numéro de série. Méfiez-vous d’un prix trop bas.
Les points à contrôler avant d’acheter
- Poids : une Les Paul pleine dépasse souvent 4 kg ; essayez-la debout, sangle réglée.
- Profil de manche : 50s épais ou 60s SlimTaper, la main décide.
- Micros : humbucker ou P-90, selon le son recherché.
- Finition : nitrocellulose brillante ou satinée, entretien différent.
- Numéro de série et papiers : à vérifier auprès du vendeur.
FAQ : Gibson Les Paul
Qui a inventé la Gibson Les Paul ?
La Les Paul naît chez Gibson, à Kalamazoo, et sort en 1952 sous la direction de Ted McCarty. Le guitariste Les Paul prête son nom et son aura à l’instrument, mais la part exacte de sa contribution au dessin reste débattue.
Quelle est la différence entre une Les Paul Standard et une Studio ?
La Standard est le modèle de référence : table en érable souvent figuré, finitions soignées, binding sur le corps. La Studio, apparue en 1983, garde le même son de base avec moins de finition, notamment sans binding de corps, pour un prix plus bas.
Pourquoi la Les Paul de 1959 vaut-elle si cher ?
Entre 1958 et 1960, on estime que 1 200 à 1 700 Standard sunburst seulement ont été livrées. Cette rareté, des micros d’époque très recherchés et le fait que de grands guitaristes en ont joué sur des disques majeurs font monter les prix.
Gibson ou Epiphone : laquelle choisir ?
Epiphone appartient à Gibson depuis 1957 et fabrique des Les Paul à bien moindre coût, en Asie. Une Gibson américaine offre une finition, des micros et un bois généralement supérieurs. Une Epiphone convient très bien pour débuter ou répéter.
Comment reconnaître une fausse Gibson Les Paul ?
Examinez la forme et l’inclinaison de la tête, le logo, le binding, le numéro de série et les cavités de câblage, souvent bâclées sur les copies. Un prix très inférieur au marché est le premier signal d’alerte. En cas de doute, faites expertiser l’instrument.
Quelle Les Paul choisir pour débuter ?
Une Epiphone Les Paul Standard ou une Gibson Studio ou Tribute, plus abordables, suffisent pour débuter. L’important est d’essayer plusieurs instruments : poids et profil de manche varient beaucoup d’une guitare à l’autre.
Combien pèse une Gibson Les Paul ?
Compter un peu plus de 4 kg pour une Standard sans allègement, d’après les mesures publiées par la presse spécialisée. Les versions allégées, comme certaines Tribute, descendent autour de 3,5 kg.
Sources et fiches techniques
- Gibson Gazette : les modèles Les Paul expliqués
- Gibson : fiche de la Les Paul Standard 60s
- Wikipédia : Gibson Les Paul
- Guitar World : la Les Paul burst de 1959
- Guitar.com : test Standard 50s et Tribute
- Guitar World : Epiphone et Gibson
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