par | Mar 30, 2024

System of a Down : histoire, membres et albums d’un groupe inclassable

L’essentiel en 30 secondes

  • System of a Down est un groupe de metal américain formé en 1994 à Los Angeles, aux quatre membres d’origine arménienne.
  • Line-up stable depuis les débuts : Serj Tankian (chant), Daron Malakian (guitare, chant), Shavo Odadjian (basse) et John Dolmayan (batterie).
  • Toxicity (2001) et son single « Chop Suey! » propulsent le groupe au sommet ; « B.Y.O.B. » leur vaut un Grammy en 2006.
  • Aucun album studio depuis 2005 : Serj Tankian le confirme, « aucun album n’est écrit ». Le groupe joue en revanche les stades en 2025-2026.
  • Photographe de concert, j’ai eu la chance de les photographier lors de concerts d’une intensité rare.

Peu de groupes ont réussi à imposer un chaos aussi maîtrisé que System of a Down. En quelques albums, ce quatuor de Los Angeles a fait cohabiter riffs metal, mélodies orientales, humour absurde et colère politique, jusqu’à devenir l’un des groupes les plus singuliers de sa génération. Photographe de concert rock et metal, j’ai eu la chance de les capter sur scène — une expérience physique autant que visuelle. Voici l’histoire, les membres, les albums et l’actualité brûlante d’un groupe qui refuse toujours de rentrer dans les cases.

Les quatre membres de System of a Down posant ensemble sur scène, éclairage de concert

Aux origines : un groupe pas comme les autres

System of a Down naît en 1994 à Los Angeles, dans la communauté arménienne de la ville. Serj Tankian et Daron Malakian se rencontrent dans un studio et fondent d’abord un projet baptisé Soil, avant de recruter Shavo Odadjian puis John Dolmayan. Le nom du groupe s’inspire d’un poème de Malakian. Repérés par le célèbre producteur Rick Rubin, ils signent chez American/Columbia et publient un premier album homonyme en 1998, porté par les singles « Sugar » et « Spiders ». Avant cela, le groupe s’était forgé une réputation explosive sur la scène de Los Angeles, en écumant des salles mythiques comme le Whisky a Go Go et le Viper Room, et en diffusant plusieurs démos aujourd’hui recherchées. D’emblée, la formule détonne : une énergie hardcore, des ruptures de rythme imprévisibles et une voix, celle de Tankian, capable de passer du murmure au hurlement en une seconde.

Les quatre membres de System of a Down

La grande force du groupe, c’est sa stabilité : le même line-up depuis trente ans. Serj Tankian est le chanteur au timbre théâtral, également claviériste et militant infatigable. Daron Malakian, guitariste et second chanteur, est le principal compositeur, surtout à partir de 2005. Shavo Odadjian tient la basse et a longtemps façonné l’identité visuelle du groupe. John Dolmayan, batteur né au Liban, apporte cette frappe nerveuse et précise qui structure le chaos. Tous quatre revendiquent fièrement leurs racines arméniennes, un héritage qui irrigue autant leur musique que leurs combats.

Toxicity, l’album de la consécration

Si l’album de 1998 a posé les bases, c’est Toxicity, en 2001, qui fait basculer System of a Down dans une autre dimension. Porté par le single « Chop Suey! », le disque atteint la première place du Billboard 200 et impose le groupe sur la scène internationale. « Toxicity », « Aerials » ou « Prison Song » deviennent des hymnes, mêlant introspection, critique sociale et fureur électrique. Sorti quelques jours seulement avant les attentats du 11 septembre 2001, l’album prend une résonance particulière : « Chop Suey! » est brièvement écarté de certaines radios américaines, ce qui n’empêche pas le disque de devenir multi-platine. Vingt-cinq ans plus tard, ces morceaux restent la colonne vertébrale de leurs concerts et le point d’entrée de nombreux fans dans l’univers du metal alternatif.

Un style tout simplement inclassable

Comment ranger System of a Down dans une case ? Impossible, et c’est tout l’intérêt. Le groupe superpose des riffs metal tranchants, des structures proches du rock progressif, des mélodies héritées de la musique arménienne et un sens du contraste vertigineux : une même chanson peut passer du comique au tragique, du hurlement au chant lyrique. Cette liberté formelle, longtemps déroutante pour les puristes, est justement devenue leur signature. Elle explique pourquoi, deux décennies après leur dernier album, leur musique n’a pas pris une ride et continue de séduire de nouvelles générations. Les textes, souvent écrits à deux voix, oscillent entre satire mordante, cri politique et non-sens assumé, brouillant volontairement les pistes entre le sérieux et l’absurde.

Serj Tankian et Daron Malakian sur scène lors d’un concert, lumière rouge, public exalté

Mezmerize, Hypnotize et la mise en pause

En 2005, le groupe frappe fort avec deux albums sortis à quelques mois d’intervalle, Mezmerize et Hypnotize, qui atteignent tous deux la première place du Billboard 200. Daron Malakian y prend un rôle créatif plus central. Le single « B.Y.O.B. », charge contre la guerre, leur offre en 2006 le Grammy Award de la meilleure performance hard rock. Au sommet, le groupe annonce pourtant une pause en 2006 : chacun se consacre à ses projets, notamment Scars on Broadway pour Malakian et Dolmayan, et une riche carrière solo pour Tankian. La réunion interviendra en 2010, sans nouvel album à la clé.

Un engagement arménien indissociable du groupe

On ne peut pas parler de System of a Down sans évoquer leur combat pour la reconnaissance du génocide arménien de 1915, dont plusieurs de leurs proches sont des descendants de survivants. Cet engagement dépasse le discours : en 2020, après quinze ans sans nouvelle musique, le groupe publie deux singles, « Protect the Land » et « Genocidal Humanoidz », pour soutenir l’Arménie et le Haut-Karabakh en pleine guerre. L’opération a permis de récolter plus de 600 000 dollars pour le fonds d’aide arménien. Une preuve que, pour ce groupe, la musique et la cause sont indissociables.

Où en est System of a Down aujourd’hui ?

La question du nouvel album revient à chaque interview — et la réponse reste la même. Serj Tankian l’a redit sans détour : « aucun album n’est écrit ». Le sujet crée des tensions internes, et le chanteur a confié s’être senti « très passif » lors de l’enregistrement des disques de 2005. Cela n’empêche pas le groupe de vivre une seconde jeunesse sur scène : après une série de concerts géants en Amérique du Nord en 2025 aux côtés de Korn, Avenged Sevenfold et Deftones, System of a Down a lancé en 2026 une tournée des stades européens, entamée fin juin en Suède puis au Stade de France. Le groupe est aussi tête d’affiche du festival Sick New World 2026, avec notamment Bring Me the Horizon. Tankian résume l’état d’esprit : ils vivent « la meilleure période de leur vie de groupe ».

Un héritage qui dépasse le metal

Trente ans après leurs débuts, System of a Down occupe une place à part dans l’histoire du rock. Le groupe a prouvé qu’on pouvait être à la fois radicalement expérimental et immensément populaire, sans jamais lisser son propos. Toute une génération de groupes de metal alternatif et de nu metal revendique aujourd’hui son influence, tandis que des titres comme « Chop Suey! » ou « Toxicity » cumulent des milliards d’écoutes en streaming et séduisent un public qui n’était même pas né à leur sortie. Cette longévité tient à un paradoxe : en refusant de sortir un nouvel album, le groupe a figé une discographie compacte et sans faute, devenue un objet culte. Chaque concert prend dès lors des allures d’événement rare, où plusieurs générations chantent ensemble des morceaux vieux de vingt ans comme s’ils venaient de paraître. Peu de formations peuvent se targuer d’un tel statut, à la croisée du groupe de stade et du secret bien gardé.

System of a Down sur scène, devant mon objectif

Photographe de concert rock et metal, j’ai eu la chance de photographier System of a Down. Les capter en images, c’est tenter de figer une énergie insaisissable : les changements de rythme permanents, la présence habitée de Serj Tankian, l’intensité de la fosse qui hurle chaque parole. Peu de groupes offrent un tel spectacle de contrastes, entre déflagrations soniques et moments suspendus. Si vous aimez cette scène, je vous invite à découvrir mon travail de photographe de concert, à parcourir mes tirages noir et blanc rock et metal ou à commander un tirage photo de concert. Et si vous êtes photographe débutant, mon guide sur l’accréditation photo en concert pourra vous aider.

FAQ — System of a Down

Qui sont les membres de System of a Down ?

Le groupe est composé, depuis ses débuts, de Serj Tankian (chant, claviers), Daron Malakian (guitare, chant), Shavo Odadjian (basse) et John Dolmayan (batterie). Les quatre musiciens sont d’origine arménienne.

Quand le groupe a-t-il été formé ?

System of a Down s’est formé en 1994 à Los Angeles. Le groupe a publié son premier album homonyme en 1998, produit par Rick Rubin.

Quel est l’album le plus célèbre de System of a Down ?

C’est Toxicity (2001), premier album du groupe à atteindre la première place du Billboard 200, porté par le tube « Chop Suey! ». Il reste leur disque le plus emblématique.

System of a Down va-t-il sortir un nouvel album ?

Rien n’est prévu. Serj Tankian a répété qu’« aucun album n’est écrit » et que le sujet crée des tensions au sein du groupe. Leur dernière musique studio remonte aux deux singles de 2020.

System of a Down est-il toujours en activité ?

Oui. Le groupe ne sort plus d’albums mais tourne régulièrement : concerts géants en Amérique du Nord en 2025, puis une tournée des stades européens en 2026, dont un passage au Stade de France.

Accrochez le live à votre mur

Tirages d’art en édition limitée, numérotés et signés à la main — papier Hahnemühle Photo Rag®, garantie archivage 100 ans.

Découvrir les tirages →