Ghost, European Tour 2013 : photographier des visages qui n’en sont pas
En 2013, Ghost joue encore dans des salles de taille moyenne, avec un chanteur grimé en prélat inversé et des musiciens masqués et anonymes. Le groupe suédois a construit un dispositif visuel complet avant même d’avoir un public large, et cette cohérence saute aux yeux dès qu’on entre dans la fosse.
Le tirage Ghost
Edition originale de 30 exemplaires, signes et numerotes a la main, tires sur Hahnemuhle Photo Rag et fabriques en France.
Un groupe conçu comme une mise en scène
Ghost se forme à Linköping, en Suède, à la fin des années deux mille. Le premier album, Opus Eponymous (2010), pose une formule que personne n’attendait : des mélodies proches du rock des années soixante-dix, des harmonies presque pop, et des textes ouvertement satanistes chantés d’une voix claire.
Infestissumam (2013) élargit le propos avec des choeurs et des orchestrations, et c’est l’album que le groupe défend sur cette tournée. Meliora (2015) leur vaut un Grammy pour « Cirice ». Tobias Forge, longtemps resté anonyme derrière le personnage, est aujourd’hui identifié comme l’auteur et la voix du projet.
Le dispositif scénique repose sur un chanteur costumé en ecclésiastique et des instrumentistes masqués et non crédités, désignés comme Nameless Ghouls. L’ensemble tient parce que rien n’y est laissé au hasard : les costumes, les gestes, les changements de tenue entre les albums.
Photographier des visages qui n’en sont pas
Sur ce type de scène, aucun visage ne renvoie d’expression. Le chanteur porte un maquillage complet, les musiciens portent des masques. Toute la grammaire du portrait de concert, le regard, la bouche ouverte sur une note, la sueur sur le front, devient inopérante.
Il faut donc composer avec des formes. La mitre du chanteur, la silhouette des Ghouls alignés, la symétrie de leur placement sur scène. Ce sont des images qui se construisent comme de la photographie d’architecture ou de théâtre : on cherche l’axe, la répétition, la géométrie, pas l’instant d’émotion.
Cette approche a une conséquence pratique. Un cadre parfaitement centré et symétrique, qui serait plat sur un groupe de rock classique, fonctionne très bien ici parce qu’il épouse l’intention du groupe. C’est l’un des rares cas où la composition frontale, souvent tenue pour paresseuse en photo de concert, donne la meilleure image.
Le tirage : des noirs et des ors
Les costumes de cette période mêlent du tissu noir profond, des broderies dorées et du maquillage blanc et noir. Cette combinaison réclame un papier capable de tenir un noir dense sans étouffer les reflets métalliques de la broderie, qui sont des micro-hautes lumières très faciles à cramer.
Le Hahnemühle Photo Rag® 308 g, coton mat, sépare ces valeurs sans faire briller le papier lui-même, ce qui compte pour un sujet aussi sombre. Tirage en édition originale de trente exemplaires, tous formats confondus, numérotés de 1/30 à 30/30, signés à la main, avec certificat d’authenticité nominatif et embossé. Fabrication française. Formats et conditions sur la page tirages metal.
Photographier un groupe avant qu’il ne devienne énorme
Il y a une valeur documentaire particulière aux images faites au moment où un groupe joue encore dans des salles de mille places. Le dispositif est déjà là, complet, mais l’échelle ne l’est pas : on voit les coutures des costumes, la scène est petite, et l’on peut photographier à trois mètres ce qui se jouera plus tard à trente.
Ces images deviennent introuvables une fois la carrière installée, parce que plus personne n’a cet accès. C’est ce qui explique qu’un tirage daté de cette période vaille davantage, pour un collectionneur, qu’une photo techniquement plus spectaculaire faite dix ans plus tard depuis le fond d’un stade.
Retrouvez cette image en tirage d’art signé et numéroté : Ghost, European Tour (2013).






