La photo, c’est avec une image obtenue à l’aide d’une chambre noire au terme de plusieurs heures de pose et fixée sur une simple plaque enduite de bitume de Judée que débute, en 1827, l’âge de la photographie. Depuis, ce sont plus de cinq milliards d’images qui, d’après des statistiques officielles, sont développées chaque année rien que dans les grands laboratoires allemands.
Nous vivons, c’est évident, à l’ère des technologies de l’image. Cinéma et télévision, vidéo et technologies numériques, toutes ces images cherchent à accaparer l’attention en essayant de nous séduire, de nous manipuler, de nous érotiser et parfois aussi, de nous informer. A tel point qu’on peut parler d’un véritable déluge d’images, ce qui peut paraître menaçant mais plus fondamentalement, renvoie à un problème d’ordre phénoménologique : Quel est notre comportement face à toutes ces images ?
Comment se fait notre sélection ? Qu’est-ce que nous percevons encore au juste ? Et qu’est-ce qui a des chances d’accéder à la mémoire iconographique collective ?
En réalité, nous vivons actuellement une situation paradoxale. Tandis que l’ analogique « classique avec les territoires qui lui sont communément attachés comme par exemple le photojournalisme, est en perte de vitesse, la photographie traditionnelle, elle, fait de plus en plus l’objet d’un discours officiel. Sa présence dans des galeries d’art et des musées, dans des salons ou à des ventes est devenue quelque chose de naturel.
Comme si elle s’était résorbée d’elle-même, la question de savoir si des photos sont des œuvres d’art ne se pose plus. Payer de grosses sommes en dollars pour des images-clés de l’histoire de la photographie, mais aussi pour des travaux d’artistes photographes contemporains, n’est plus chose rare depuis longtemps. Une jeune génération a découvert dans la photographie ce qui auparavant était considéré par les investisseurs comme des antiquités.
La photographie a avancé en âge et en même temps, elle est devenue plus actuelle que jamais. En sa qualité de médium de type plutôt contemplatif, elle a trouvé un nouvel emploi porteur d’avenir.
C’est en ce sens que le médiologue Norbert Bolz parle d’une « grande image silencieuse » qui, à l’heure du déferlement de données électroniques, permet en quelque sorte de faire halte. Là où la télévision, la vidéo ou internet génèrent un bruissement visuel, seule l’image photographique traditionnelle a, en tant que « triomphe de l’abstraction », la force de s’incruster dans notre mémoire, de susciter en quelque sorte le souvenir.
Avec son exposition « images mentales », Michael Schirner en a donné, au milieu des années 80, la preuve par l’exemple. N’y figuraient que des carrés noirs dans lesquels étaient impressionnées, en négatif, quelques lignes de texte. Willy Brandt agenouillé devant le monument des héros du ghetto de Varsovie », pouvait-on ainsi lire. Ou encore « L’empreinte du pied du premier homme ayant marché sur la lune ».
La photographie, comme l’a résumé Horst Wackerbarth, serait le seul genre capable de dépasser le niveau, populaire, de la surface visible et celui, élitiste, de la vision première, pour agir, de façon subtile, plus en profondeur».
C’est est un moyen technique et mécanique de représenter graphiquement des moments, des objets ou des personnes. Mais c’est aussi un moyen d’expression plus ou moins abstrait qui porte l’écriture de son auteur, et dont l’objectivité est égale à tout travail artistique. Piégée dans l’imitation de la peinture depuis longtemps (peinture, marines, portraits, etc.), elle a trouvé sa propre voie artistique au milieu du XXe siècle avec l’apparition du surréalisme. De nos jours, de nombreux artistes utilisent ce médium, souvent associé à la « documentation », plus qu’à l’art en tant que tel. Elle mélangent parfois de nombreux médias différents (peinture, sculpture, maquillage, art numérique) en une seule image. C’est unart permet plus que tout autre support d’ancrer la réalité dans une œuvre d’art afin de lui donner une nouvelle dimension.
Eric Canto, photographe de festival, concert et portraits artistes :
Eric Canto est photographe de concert et festival depuis de nombreuses années. Il a eu l’occasion de réaliser des photographies pour de nombreux artistes connus, avec par exemple la cover de l’album « Hellfest » de Mass Hysteria. Découvrez son travail :
LE LOUP DE WALL STREET le nouveau fil de Martin Scorsese
Martin Scorsese est le réalisateur de films aussi remarquables que Mean Streets, Les Affranchis ou Casino n’en a pas fini avec son exploration sans concession du rêve américain. Le Loup de Wall Street, son nouvel opus, est à sa manière une sorte de quintessence des obsessions « scorsesiennes ».
On y retrouve la plupart de ses thèmes favoris : l’argent, le sexe et la drogue, mais aussi, plus enfouis qu’à l’accoutumée, la souffrance, le péché et la mort.
LE LOUP DE WALL STREET : ce que raconte le film
LE LOUP DE WALL STREET raconte l’histoire – vraie – de l’ascension vertigineuse de Jordan Belfort, petit courtier chez LF Rothschild en 1987, star de Wall Street et de tous ses excès fin 1993. Entre-temps, en 1989, il aura créé Stratton Oakmont, une firme de courtage qui lui valut, moyennant des méthodes que la plus élémentaire des morales réprouve, d’amasser en très peu de temps une fortune considérable.
Comme Steven Spielberg, Martin Scorsese est de ces réalisateurs qui, alors qu’ils ont passé la soixantaine, témoignent de la même énergie, et si le bonhomme (et sa fidèle monteuse Thelma Schoonmaker) n’a rien perdu de son talent. Inspiré d’une histoire réelle, il raconte l’ascension vers la fortune d’un courtier en bourse – Jordan Belfort – interprété par Leonardo DiCaprio, et les malversations au cœur des années 1980, le menant à la chute et à une forme de rédemption.
Adaptation de l’autobiographie homonyme de Jordan Belfort, il s’agit du plus gros succès commercial de Martin Scorsese. Pour le plaisir, voici quelques affiches d’un film tout de même bien rock’n roll…
LE LOUP DE WALL STREET
LE LOUP DE WALL STREET
La bande annonce du loup de wall street.
Critique du Film LE LOUP DE WALL STREET par le Telegraph
Le loup de Wall Street, le nouveau film de Martin Scorsese, souffle dans les salles de cinéma avec une indignation en arrière-plan. Le 23e long métrage de Scorsese en près de 50 ans – et le meilleur depuis plus de 20 ans – est basé sur les souvenirs du courtier en valeurs mobilières Jordan Belfort, qui a fondé Stratton Oakmont dans un garage abandonné à Long Island et a passé une grande partie des années 1990 avec la sienne La production de films est le chemin vers une grande fortune personnelle.
Une partie de cet argent a été utilisée pour financer le genre de vie sociale que la perte de cheveux de Caligula aurait pu causer, bien que la fête ait finalement pris fin en 1998 lorsque le FBI a accusé Belfort de la fraude. et le blanchiment d’argent.
Scorsese nous le montre, mais il est principalement préoccupé par la route rapide et cynique de Belfort jusqu’au sommet et par l’approvisionnement presque illimité de filles et de drogues qu’il y trouve. Une semaine typique à Stratton Oakmont se compose de fanfares nues et de fanfares, ainsi que d’un spectacle que Belfort appelle « Stripper Jostle ». En tant que tel, le film est accusé de glorifier ses crimes, d’ignorer ses victimes et de ne pas satisfaire le besoin de justice du public.
Les thrillers criminels ne sont généralement pas très risqués pour le public: nous investissons du plaisir dans les stratégies et les tromperies des méchants pour garantir que le retour sera finalement moralement satisfaisant. Le loup de Wall Street joue le marché différemment. Il nous vend le sleaze et le vend dur, mais il ne paie pas comme nous l’attendons. La valeur des investissements peut augmenter ou diminuer.
Aussi embarrassante que cela puisse paraître, l’idée n’est pas nouvelle. Scorsese raconte cette préhistoire américaine émergente et automnale, en s’inspirant des grandes images de gangsters des années 1930, telles que Scarface de Howard Hawks et The Public Enemy de William A Wellman, par des hommes ambitieux impatients de pouvoir et de richesse. (Soit dit en passant, ces deux films ont causé des déficiences morales dans leur temps pour des raisons largement similaires.)
Scorsese présente une scène sensationnelle qui fait immédiatement écho dans The Public Enemy, où Cagney venge un demi-pamplemousse sur le visage de son amant. Ici, cependant, c’est l’épouse du gobelet indigné de Belfort, Naomi, joué par Margot Robbie, qui jette un premier, un deuxième et un troisième verre d’eau dans le visage de son mari alors qu’il provoque une crise de colère.
Son objectif, qui est en plein essor dans le rôle-titre, est joué par Leonardo DiCaprio, dont le geste, nommé par Oscar et Bafta, est l’un des meilleurs de l’acteur: un boom à couper le souffle de pur anti-héroïsme. Comme Paul Muni et James Cagney dans ces films de gangsters de l’âge d’or, il est plus grand, plus fort et monstrueux que la vie, et la ressemblance est certainement prévue.
Cela donne au film un ton sombre et étrange qui ne se trouve pas normalement dans Scorsese, mais le matériau pourrait difficilement être traité différemment. Une scène dans laquelle Belfort imite des relations sexuelles brutales avec un client qu’il a trompé au téléphone se joue en riant, et une séquence dans laquelle un toxicomane est traîné pouce par pouce à travers un parking mène à un grand épisode slapstick – une esquisse démoniaque de Jerry Lewis.
Mais l’énergie sauvage du film contredit la prudence de Scorsese. Il court sur une corde raide comme à Goodfellas et Casino. Glorifiez sans consentement et traitez le public comme des adultes, sachant que notre sens moral compensera le manque d’un de leurs personnages. Pendant ce temps, les amis de Belfort sont tout aussi animés pour éviter l’un de ces précédents films.
Il y a Jonah Hill comme un acolyte fidèle, Rob Reiner comme le père en colère de Belfort, Joanna Lumley comme un blanchisseur d’argent poli, Jean Dujardin de The Artist, comme un banquier suisse qui est si reptile que vous attendez à moitié que la langue sorte des lignes et lécher négligemment un globe oculaire.
« C’est Ellis Island, les gens », se déchaîne-t-il, le front brillant, alors qu’il exhorte ses fidèles employés à rester forts face à l’enquête du FBI. «Peu m’importe qui vous êtes, d’où vous venez, que vos proches soient venus sur le Mayflower ou sur une chambre à air d’Haïti. Ici, c’est la terre des opportunités. »Puis vient la morale, aussi propre que terrifiante:« Stratton Oakmont est l’Amérique ».
Je suis très heureux de vous annoncer la sortie de matière noire vinyle de l’album Matière noire mardi 3 mai. Le groupe et Verycords ont décidé de proposer aux fans une version ultra limitée de ce fantastique album. Une version collector avec un grand livret de 11 pages format vinyle.
Le groupe MASS HYSTERIA
Mass Hysteria est un groupe de metalfrançais formé en 1993. Le groupe est connu pour son mélange unique de metalcore, thrash et punk, ainsi que pour ses paroles poignantes et introspectives en français.
Le groupe a commencé à se faire connaître en France au milieu des années 90, avec la sortie de leur premier album studio « Le Bien-être et la Paix » en 1997. Depuis lors, ils ont sorti plusieurs albums acclamés par la critique, dont « Contraddiction » en 1999 et « L’Armée des Ombres » en 2003.
MassHysteria est également connu pour ses performances en direct intenses et énergiques, qui ont gagné le respect et l’admiration des fans de metal dans le monde entier. Le groupe a joué dans de nombreux festivals de musique en France et à l’étranger, notamment le Hellfest, le Wacken Open Air et le DownloadFestival.
Le groupe est composé de cinq membres : Mouss Kelai (chant), Yann Heurtaux (guitare), Pierre Bihl (basse), Raphaël Mercier (batterie) et Fred Jimenez (guitare). Ensemble, ils ont créé un son unique et puissant qui est devenu une référence dans le paysage musical français.
Leurs paroles sont souvent introspectives et poignantes, explorant des thèmes tels que la politique, la société et la condition humaine. Leur musique a inspiré de nombreux fans en France et à l’étranger, ce qui en fait l’un des groupes de metal les plus influents de leur génération.
L’artwork de Matière noire
Carte blanche pour l’artwork de Matière noire vinyle, l’idée pour ma part était de proposer visuellement non pas exactement la même chose mais une adaptation en fonction de ce format.
C’est là où on se rend compte de ce que l’on a perdu en passant du vinyle au CD… On garde la base de l’artwork mais on le fait évoluer…
Le vinyle est blanc, livret grand format, un bel objet que je vous laisse découvrir dont le pressage unique et ultra limité à 500 exemplaires me pousse à vous conseiller fortement la préco !
L’album Matière noire
Sorti en 2015, cet album est considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs albums de Mass Hysteria à ce jour. Dans cet article, nous allons examiner les principales caractéristiques de l’album et explorer pourquoi il a été si bien reçu par les fans et les critiques.
Le son et le style : L’une des principales raisons pour lesquelles « Matière Noire » est un album si réussi est son son unique et puissant. Mass Hysteria a réussi à créer un mélange de metalcore, de thrash et de punk qui est à la fois puissant et mélodique. Les riffs de guitare accrocheurs et les lignes de chant agressives sont accompagnés d’une section rythmique solide pour créer un son énergique et percutant.
Les paroles et les thèmes : « Matière Noire » est un album concept qui explore les thèmes de l’obscurité, de la violence et de l’aliénation. Les paroles, en français, sont incisives et poignantes, et s’adressent à un public qui cherche à se connecter avec des idées et des émotions profondes. Les thèmes de l’album touchent à des questions existentielles et émotionnelles, faisant de cet album un travail sérieux et réfléchi.
La production : La production de « Matière Noire » est remarquablement bien faite, créant un son clair et puissant qui met en valeur la musique de Mass Hysteria. Les riffs de guitare et la section rythmique sont clairement audibles, tout comme les paroles poignantes. La production aide à créer l’ambiance sombre et pesante qui caractérise l’album.
Les moments forts : L’album « Matière Noire » est rempli de moments forts, notamment les titres « Chiens de la Casse », « Furia » et « Vector Equilibrium ». Chaque chanson a une énergie unique et des riffs accrocheurs qui restent en tête longtemps après la fin de l’album.
En conclusion, « Matière Noire » est un album remarquablement puissant et mélodique de Mass Hysteria qui explore des thèmes sombres et émotionnels. La production est de haute qualité, mettant en valeur chaque instrument et chaque ligne de chant. Si vous cherchez un album de metalcore en français qui est à la fois mélodique et énergique, « Matière Noire » est un choix incontournable.
Les titres de Matière noire:
– Chiens de la casse
– Vae soli !
– Vector equilibrium
– Notre complot
– L’espérance et le refus
– Tout est poison
– L’enfer des dieux
– À bout de souffle
– Matière noire
– Plus que du metal
– Mère d’Iroise
L’album est remarquable pour son son unique et puissant, créant un mélange de metalcore, de thrash et de punk. Les riffs de guitare accrocheurs et les lignes de chant agressives sont accompagnés d’une section rythmique solide pour créer un son énergique et percutant. La production est également de haute qualité, mettant en valeur chaque instrument et chaque ligne de chant.
Les moments forts de l’album incluent les titres « Chiens de la Casse », « Furia » et « Vector Equilibrium ». Chaque chanson a une énergie unique et des riffs accrocheurs qui restent en tête longtemps après la fin de l’album.
En résumé, « Matière Noire » est un album puissant et mélodique de Mass Hysteria qui explore des thèmes sombres et émotionnels. Il est bien produit et est considéré comme l’un des meilleurs albums du groupe. Si vous cherchez un album de metalcore en français qui est à la fois mélodique et énergique, « Matière Noire » est un choix incontournable.
Crédits:
Mouss Kelai — chant
Yann Heurtaux — guitare
Frédéric Duquesne — guitare
Vincent Mercier — basse
Raphaël Mercier — batterie
Eric Canto — Artwork et photos
Eric CANTO Photographe : Photos de concerts, portraits, pochettes d’albums.
Groupe phare du métalfrançais,MASS HYSTERIA Matière noire est le huitième album studio, Matière Noire. Un véritable Avis de tempête sur l’Hexagone. Originaire de Bretagne, Mass Hysteria est un des principaux groupes de métal française tant pour sa qualité que sa longévité. En 1993, le groupe se fait remarquer dés son premier album Le bien être et la paix (1997).
Gros son, paroles en français, le groupe explose avec Contraddiction (1999), moins industrielle et avec plus d’influences hip-hop, en 2001, le groupe sort » De cercles en cercles ». Plus atmosphérique, voire un peu plus teinté de hip-hop, avec notamment Acid et Base de La Brigade, le groupe déçoit certains fans , mais élargit leur public avec cet album. plus accessible mais de très haute qualité .
En 2005, c’est le clash. Le groupe Mass Hysteria a sorti un album avec un titre beaucoup plus pop-rock. S’il leur ouvre les portes des grandes radios, cet album est encore plus déroutant pour les fans du groupe. La direction artistique pas toujours comprise est rejointe par la production, ce que le groupe admet comme un échec sonore entre Métal et Rock, qui se cherche et ne se retrouve pas toujours.
L’album contient quelques pépites (Poison d´asile) et une collaboration avec Miossec qui signe quelques paroles pour l’album. Une véritable audace et une volonté d’évoluer. En 2007, tout est rentré dans l’ordre avec Une somme de détails. Revenant à leurs racines stylistiques avec des influences néo-métal bien digérées, le groupe pose les bases du style qu’il conservera sur deux albums suivants, « Failles (2009) » et le successeur « L’armée des ombres (2012) ».
Il faut également mentionner la vidéo live de 2011, enregistrée au Bikini, ainsi que le premier album live (Mass Hysteria à l’Olympia) de 2013.
Plus sombre et plus engagé que les albums précédents, « L’armée des ombres » brandissait le mantra du groupe. Alors que l’impression générale sur cet album était entre colère et impuissance face à un monde en mutation et à ceux qui le façonnent,MASS HYSTERIA Matière Noire vous donne le sentiment de lever la tête dans la confusion.
Contrairement aux autres albums, les textes des deux derniers opus sont plus concrets et ancrés dans le présent, notamment grâce à l’utilisation de noms et de références claires à l’actualité («Sans-dents»)
En termes de son, Mass Hysteria continue d’évoluer. L’album donne une place honorable à de nouveaux arrangements: harmonica, violon, chœurs lyriques, percussions, tout en conservant les folles machines hallucinatoires de L’armée des ombres.
Tout cela crée de nouveaux titres très réussis (Vae Soli, Vector Equilibrium) et donne une nouvelle intensité au travail de Mass Hysteria. C’est ce qui rend cet album original.
Le reste (structures, guitare-basse-batterie, paroles …) est d’un trés haut niveau, mais reste globalement assez classique du Mass Hysteria des derniers albums, à l’exception de » plus que du métal » , avec un côté plus fusion-industriel qui rappelle les premiers albums.
Poursuivant les trois albums précédents, apportant une nouvelle fraîcheur, Matière Noire réussit avec des paroles incisives et des arrangements parfaits qui mettent une pression constante sur l’ensemble de l’album. « Matière noire » est un tsunami qui ne vous laissera guère de moment de repos pendant 50 minutes.
Il y a deux version de l’album MASS HYSTERIA MATIÈRE NOIRE, une première version cristal et une version limitée avec un visuel différent et un fourreau comportant un gel pack. Cette version limitée ne sera pas re-pressée. Le livret est à découvrir en achetant l’album.
Beaucoup de boulot mais un résultat qui semble plaire… Pour Mass Hysteria Matière noire, le nouvel album du groupe, l’idée de départ était un visuel trouvé par le guitariste du groupe Yann HEURTAUX sur internet : un visage sur un fond marron avec de l’encre qui coulait sur le visage d’une femme. De cette base, j’ai organisé un shooting très…salissant ou j’ai utilisé cette idée de départ avec cette fois un fond immaculé et le souhait de décliner cette idée sur chaque partie du corps. Le résultat a permis un artwork riche et 3 couvertures différentes.
Mass Hysteria Matière noire – Crédit photo Eric CANTO
Liste des titres de l’album MASS HYSTERIA MATIÈRE NOIRE :
– Chiens de la casse
– Vae soli !
– Vector equilibrium
– Notre complot
– L’espérance et le refus
– Tout est poison
– L’enfer des dieux
– À bout de souffle
– Matière noire
– Plus que du metal
– Mère d’Iroise
Critique de l’album MASS HYSTERIA MATIÈRE NOIRE par www.albumrock.net
Voilà deux décennies que Mass Hysteria distille sa prose révoltée à ses fidèles furieux pas rassasiés pour un sou malgré deux derniers albums au regain de forme notoire (Failles en 2009 et L’Armée des Ombres en 2012) et un retournement dans les règles de l’art d’un Olympia qui portent encore les stigmates des décibels ravageurs du groupe.
Sûr que ce Matière Noire était attendu et l’arrivée de Fred Duquesne (Bukowski) à la guitare laissait présager le franchissement d’une étape supplémentaire dans la quête d’une monstruosité sonore chimérique. Autant le dire sans détour, l’achèvement est total, l’aboutissement ultime et sans tomber dans un complaisant panégyrique, on peut sans conteste annoncer qu’avec Matière Noire Mass Hysteria tient son meilleur album, tout simplement.
Mass Hysteria Matière noire – Crédit photo Eric CANTO
Difficile de savoir par quel bout commencer tant MASS HYSTERIA MATIÈRE NOIRE s’impose comme une réussite absolue et ce à tous les niveaux. C’est certainement le premier point à souligner d’ailleurs, cette cohérence stylistique, musicale, philosophique même, évoluant jusqu’à cette cohésion rarissime et intrinsèque aux grands, très grands albums.
Mass Hysteria Matière noire est un bloc d’une densité, sorte de plasma homogène d’une noirceur inclassable qui se fend de onze titres grandioses se chipant à tour de rôle la vertu de morceau immanquable du disque. Mouss Kelaï, le charismatique leader de Mass Hysteria, a récemment déclaré concernant le manque de communication précédant la sortie officielle de l’album en octobre dernier: « On voulait que les gens prennent l’album d’un coup en pleine gueule. ». Que ce brave Mouss se rassure, c’est chose faite, et foutrement bien faite.
La collaboration entre Duquesne et les Mass Hysteria atteint son paroxysme avec Matière Noire tant l’identité sonore du groupe est affirmée avec une qualité de production digne des plus grands groupes de metal américains: on frise le Killswitch Engage sur « Notre complot » et son riff tout en liés fleuves jouissifs comme on se délecte de ce grain du grand Slipknot de « Liberate » dans l’excellent défouloir qu’est « Plus que du métal ». Le vice est même poussé jusqu’à titiller Metallica dans le solo épique de « Vector Equilibrium ».
Mass Hysteria Matière noire – Crédit photo Eric CANTO
Rarement une production hexagonale, mastérisée à New York par Ted Jensen (au CV impressionnant, Deftones et Pantera pour ne citer qu’eux), aura atteint ce niveau de qualité sonore, cette balance parfaitement équilibrée entre une section rythmique éléphantesque, des guitares de plomb et des vocalises racées, viscérales, habitées.
Les arrangements sont subtilement intégrés à ce génial récital de 50 minutes, ouvrant « Vae Soli ! » sur quelques notes électroniques infantiles nébuleuses, accompagnant l’hymne « Plus que du metal » de claviers appuyés stridents métronomiques ou encore apposant une sourde ambiance industrielle acérée sur l’excellent « L’espérance et le refus ».
En grand chef d’orchestre qu’il est, Duquesne a poussé Mass Hysteria dans ses derniers retranchements et a enfin donné au groupe toute la prestance sonore qu’il mérite, celle au moins égale à l’éloquence de ses textes toujours plus enragés, plus percutants, plus personnels aussi.
Mass Hysteria Matière noire – Crédit photo Eric CANTO
Car le groupe est loin de renier son credo révolté, marque de fabrique de l’hystérie de masse, qui sied parfaitement à l’ambiance survoltée de ses concerts. Mouss Kelaï a toujours pris soin de peaufiner ses paroles pour en faire des slogans guerriers entonnés en chœur autant que des critiques acerbes d’une société qui en prend toujours autant pour son grade: « Démocratie autoritaire, c’est l’âge d’or de la misère » lance-t-il dans l’éloquent « Tout est poison ».
Mass Hysteria Matière noire – Crédit photo Eric CANTO
On sent le ton grave dans Matière Noire, prenant même un tournant patriotique désenchanté dans « Mère d’Iroise (« Ma mère d’Iroise, ma douce France, plus jamais seul avec toi, je me lance »), évoquant l’absence de grands hommes du peuple dans « L’espérance et le refus » (« Je ne vois aucun nouveau Jaurès à l’horizon ! Où sont les vrais hommes venus d’en bas ? ») comme le renouveau de la culture française en citant ouvertement le Hellfest dans « Plus que du metal ».
Sur ce nouvel album, il émane une efficacité féroce de Mass Hysteria tant les mots se fondent dans le paysage sonore avec cette dose de percussion suffisante pour marquer les esprits sans troubler la musicalité fluide et infernale du groupe. L’entame dantesque de Matière Noire reste certainement le meilleur exemple de rage grondante mêlée à ces sursauts de distorsion épiques qui accompagnent les vigoureuses frappes de Mouss: « Chiens de la casse, sans dent, fous de liberté ».
De quoi lancer la machine à fond la caisse et développer pendant onze titres une puissance colossale qui terrasse l’auditeur. La force de Matière Noire sert pourtant un habile destin, celui de marquer les oreilles autant que les consciences, celui de perturber les têtes autant que les cœurs, celui de troubler la raison autant que les convictions.
Mass Hysteria Matière noire – Crédit photo Eric CANTO
« L’enfer des dieux » est à lui seul l’étendard de cet album impliqué, juste assez provocant pour ne pas tomber dans une démagogie barbante, et évoque les troubles de notre pays meurtri avec un sens des textes des plus efficients: « Si l’enfer des dieux c’est leur amour des hommes, l’enfer des hommes c’est leur amour des dieux ».
Les maux par les mots, en quelque sorte. Martelées tout le long de ce titre à la rythmique martiale et à la guitare ténébreuse étouffée, les paroles de Mouss Kelaï prennent une dimension prophétique dans ce morceau fustigeant l’endoctrinement religieux et l’imbécile oppression tyrannique des intolérants à toute forme de liberté.
Il va de soi que lors de sa récente tournée d’hiver, « L’enfer des dieux » fut un moment fort des concerts de Mass Hysteria, voyant un public pourtant sage et studieux délaisser la folie habituelle pour une écoute rangée, paradoxalement presque religieuse. Quoiqu’il en soit, si Matière Noire ne devait parvenir à la postérité qu’au travers d’un seul de ces morceaux, cela serait clairement grâce à « L’enfer des dieux », achèvement musical épique se substituant à merveille aux longs discours pompeux visant à expliquer, comprendre, analyser et j’en passe.
Mais MASS HYSTERIA MATIÈRE NOIRE accédera à la postérité bien au-delà d’un seul titre tant l’album est taillé pour être jouer en concert, toujours très fort bien sûr car « Si le silence est d’or, alors le bruit est de métal » (« Plus que du métal »). Chaque titre suggère une projection évidente de son interprétation live, là où Mass Hysteria est libéré de toutes chaînes et délivre avec une sincérité sans égale sa musique régénératrice. Quant à l’écoute de Matière Noire, on peine à croire que le groupe ait été bridé de quelque sorte que ce soit.
Profitez de tout, n’abusez de rien. Sauf de Mass Hysteria Matière noire. Vraiment.
Eric CANTO Photographe : Photos de concerts, portraits, pochettes d’albums.
Bonus : MASS HYSTERIA Matière noire l’avis de Daily Rock
Mass Hysteria sort un nouvel album «Matière noire» le 23 octobre et pour cette occasion David et Dany ont écouté les 11 titres que composent ce nouvel effort des Français et voici ce qu’ils en pensent. Artiste: Mass Hysteria – Album: Matière noire Label: Verycords – Date de sortie: 23 octobre 2015- Genre : Métal industriel. Le groupe français Mass Hysteria est venu nous présenter leurs plus grands succèes lors de leur passage aux Foufounes Électriques en août dernier.
Les vieux routiers avaient alors donné une performance endiablée mais personne ne pouvait présager de la surprise qui nous attendait à la sortie de l’album. Je dis surprise parce qu’on a probablement droit ici, avec l’album MASS HYSTERIA Matière noire, au meilleur album du groupe en carrière. Je vous entends déjà, bande d’incrédules, me dire : «Meilleur que Contraddiction (1999)? Impossible».
Probablement reconnu par les fans comme le meilleur album du groupe Contraddiction est un pur chef d’oeuvre, mais Matière Noire a un petit quelque chose de plus. Une ambiance particulièrement sombre et agressive, encore plus que ce à quoi la bande de Mouss Kelai nous a habitués dans les vingt dernières années.
Le qualificatif « industriel » est toujours bien présent dans certaines compositions mais le mixage relaie en arrière plans les sons plus électroniques pour laisser davantage de place à l’abrasivité des guitares. Les éléments d’électroniques servent plutôt à créer des moments épiques que mélodiques, par exemple lors des refrains de Vector equilibrium où les voix grégoriennes ajoutent de la gravité aux propos. La pièce L’Enfer des Dieux bénéficie également de la touche électro en lui donnant une nouvelle perspective plus universaliste, allant de pair avec la thématique (le fanatisme religieux).
Le groupe tend toutefois à s’éloigner du son rap-métal classique, entendu mille fois dans les années 90. MASS HYSTERIA Matière noire se rapproche plutôt de certaines sonorités Trash, voire Hardcore. Certaines parties de guitare laissent entendre une influence plus près de Max Cavalera (ex-Sepultura, Soulfly) principalement sur Chiens de la casse, Tout est poison et À bout de souffle, que de Tom Morello (RATM, Audioslave).
MASS HYSTERIA Matière noire projette le groupe dans la postmodernité avec tous les paradoxes que ça comporte. Cet album assurera la postérité de Mass Hysteria et les inscrits dans les annales comme un groupe d’une très grande importance libre et enragé, mais plein d’espérance et d’ambitions.
REFUSE AND RESIST!!! « N’oublions jamais que nous faisons partie de ceux qui bouffent la vie. »
Longue vie aux hérétiques. Longue vie à ceux qui marchent debout. Longue vie à ceux qui veulent un pays. Meilleures titres : Mère d’iroise, Plus que du métal, L’Enfer des dieux
JAMES ELLROY : Après les éditions Suédoise LEGIMUS, mon portrait de James ELLROY vient d’être choisi par les éditions grecques KLIDAITHMOS pour la sortie du dernier roman du maître: Perfidia.
Ce portrait illustrera ce nouveau roman ainsi que la réédition de “The Big Nowhere”, “L.A. Confidential” and “White Jazz” en 2017. Très heureux de cette nouvelle.
L’auteur :
James Ellroy, 74 ans, est un auteur de romans policiers connu pour ses romans noirs durs et ses vrais essais sur les crimes. Fêté pour son « LA quartet » de romans, qui comprend The Black Dahlia et LA Confidential , et sa série « Underworld USA » examinant la corruption politique aux États-Unis, de nombreuses obsessions d’Ellroy (meurtre, crime, politique, masculinité) ont été influencées par les problèmes non résolus.
1958 assassinat de sa mère , Genève Hilliker. Récemment, il a sorti deux livres de son « Second LA Quartet » – Perfidia (2014) et The Storm (2019) – qui commencent par Pearl Harbor et se déroulent pendant la seconde guerre mondiale. Ellroy a un nouveau podcast, Hollywood Death Trip de James Ellroy, qui le présente en train de lire plusieurs de ses essais sur des crimes réels.
Dans ses mémoires de 1996, My Dark Places, Ellroy explique que le meurtre de sa mère quand il avait 10 ans ainsi que le meurtre d’Elizabeth Short alias « The Black Dahlia », et les écrits de Raymond Chandler et Dashiell Hammett ont eu un impact sur son écriture.
Technophobe, les œuvres d’Ellroy sont écrites à la main sur des blocs-notes légaux et dactylographiées pour l’édition et la publication.
Le Livre Perfidia de James Ellroy
Avec Perfidia, James Ellroy rassemble les personnages qui ont suivi les romans du Los Angeles Quartet et de la trilogie Underworld USA pour entamer une deuxième tétralogie, toujours à Los Angeles, mais pendant la Seconde Guerre mondiale. Une sorte de prequel pour se connecter aux événements du Dahlia Noir. Je laisse à d’autres le soin de compter le nombre de pages ou le nombre de personnages du roman.
Il est crucial que l’écriture avec des phrases concises et concises soit toujours disponible, mais il y a aussi une certaine fluidité qui n’est pas du tout courante chez un auteur comme James Ellroy.
Cela est probablement dû au fait que pour la première fois l’auteur a choisi un récit en temps réel d’une durée exacte qui a traversé chaque jour entre le 6 et le 29 décembre 1941 et a remarqué l’atmosphère mouvementée qui émane de chaque page du livre.
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En plus de l’aspect quotidien, le fil de l’histoire est raconté au rythme des points de vue des quatre personnages principaux Dudley Smith, Hideo Ashida, William Parker et Kay Lake. De cette façon, l’auteur nous entraîne dans un tourbillon de colère, de haine et d’excitation beaucoup plus intense que ce que nous avons lu jusqu’à présent, en particulier dans le premier quatuor de Los Angeles.
Intrigue et sous-intrigue s’entremêlent dans une confusion scientifique que l’auteur maîtrise avec son talent habituel. Dans un contexte de troubles racistes, de cinquième colonne perfide, d’enquêtes submergées et d’escroqueries de toutes sortes, toutes faisant surface dans la peur des bombardements dévastateurs et des invasions imminentes, vous découvrirez une ville qui explose à Los Angeles où les personnages les plus affligés , ont déjà payé l’expulsion, l’expropriation et même l’internement de ressortissants américains d’origine japonaise.
L’histoire américaine
Car même s’il n’est pas directement concerné, c’est cette partie méconnue et peu brillante de l’histoire américaine que l’auteur souligne tout au long de l’histoire (sauf James ELLROY, Alan Parker avec son film Bienvenue au Paradis et David Gustavson avec son livre La Neige Tombait sur les Cèdres sont, à ma connaissance, les rares auteurs qui rendent compte de ces tristes événements.
Avec ces déportations, ces internements et ces projets eugéniques, que l’auteur révèle à travers des avocats, des médecins et des sponsors tordus, il faut faire le parallèle avec les plans meurtriers du régime nazi, même si les conséquences n’étaient pas si tragiques.
À Perfidia, vous devez trembler à l’idée de croiser l’un des personnages les plus célèbres de l’œuvre d’Ellroy, le sergent Dudley Smith. Nous trouvons un policier plus jeune mais tout aussi dangereux et violent qui, avec son équipe, fait les bas travaux du LAPD pour les cadres corrompus. Séduisant, machiavélique, on découvre quelques fissures chez cet homme qui rendent le monstre plus beau.
En mentionnant certaines parties de sa jeunesse en Irlande, on peut deviner l’origine du mal, qui a façonné un personnage qui détient encore quelques rênes d’humanité.
Interview par le Guardian de James Ellroy
L’auteur de LA Confidential et Black Dahlia sur le fait de tomber amoureux d’une victime de meurtre, de ne pas posséder d’ordinateur et sa nouvelle série de podcasts sur le vrai crime
Commençons par le podcast. Vous avez choisi cinq histoires dont Stephanie de Destination : Morgue ! , et Clash by Night de votre article du Hollywood Reporter sur le meurtre de Sal Mineo . Pourquoi ceux-là ?
Ce sont des crimes, et ils se déroulent tous à Hollywood. Quelques choses. J’ai une voix de baryton basse, j’ai une voix percutante, je peux lire de façon spectaculaire.
J’ai un style journalistique rat-a-tat. Et on peut faire valoir que le meurtre non résolu de ma mère en 1958, quand j’avais 10 ans, est ce qui m’a rendu accro au crime… Le podcast a été une joie, mais autant que j’aime cette série, ce n’est rien d’autre qu’un stalking horse pour la version complète et non expurgée de mon roman American Tabloïd de 1995 sur le règne de John Kennedy. Et cela durera 12 heures avec moi à raconter et des acteurs notés lisant le dialogue.
Alors cette série est un avant-goût de ça ?
James Ellroy : Oui, un avant-goût. L’acte d’ouverture. J’aime dire que les films et les émissions de télévision sont sortis et que les podcasts sont à la mode. Les podcasts sont la transposition parfaite du roman sous une autre forme. Le temps n’est pas un facteur. Il n’y a pas de censure. C’est de l’écriture, 100% transposée. C’est un coup de pied pour moi.
Quelle était votre idée des podcasts avant de vous lancer sur celui-ci ? Avez-vous des favoris?
James Ellroy : Non, je n’écoute rien. Je n’ai pas d’ordinateur, je n’ai pas de téléphone portable. J’ai écrit tous mes livres à la main.
Peut-on parler de Stéphanie , qui figure dans le podcast ?
James Ellroy : C’est ma préférée de toutes mes pièces policières. Je suis allé au lycée à quelques lycées au nord-est de Stephanie Gorman. Je suis né en 48, et elle est née en 49. Et, si l’on peut utiliser ce terme pour décrire un dossier de meurtre, le sien est le meilleur dossier que j’ai jamais lu.
Si les psychopathes veulent mettre la main sur une arme, ils vont l’avoir de gré ou de force
James Ellroy : Dans votre récit du meurtre toujours non résolu de Stéphanie, vous écrivez : « l’acte crée le désordre », et « le tueur est crucial et non pertinent ».
Si vous deviez prendre l’homme qui a tué Stephanie Gorman à l’été 1965, si vous deviez le mettre sous les projecteurs, vous découvririez qu’il n’était rien d’autre qu’une goutte humaine d’illusion. Il ne saurait pas pourquoi il l’a fait. Je doute que ce soit bien prémédité.
Il aurait pu la voir entrer et sortir de cette maison, dans ce quartier très bourgeois, et développer un yen pour elle. Et puis, un jour, il a frappé, elle a ouvert la porte, et il a réagi.
L’une des choses qui peuvent être difficiles avec le vrai crime, c’est que ce sont souvent des femmes qui sont tuées, et pourtant elles sont perdues dans le récit du crime. Quelle est votre position là-dessus ?
James Ellroy : Je suis très intéressé par le caractère de la victime. Pour moi, la question est toujours « Qui était-elle ? »… C’était en 2001 quand j’ai écrit l’article sur Stéphanie pour GQ, et il y avait eu une réouverture de l’affaire, et le détective, Tim Marcia et moi, nous avons visité son ancien lycée.
Stéphanie était une fille unique et adorable. Elle dégageait du caractère. Tim et moi étions juste gaga d’elle. Et nous avons vu des anciens albums scolaires avec la photo de Stéphanie dedans.
J’avais déjà vu les photos de la mort et quelques photos de famille. Mais je n’avais jamais vu de photos en direct de Stéphanie dans l’équipe de tennis, ou de Stéphanie dans son cours d’histoire auparavant. Nous avons vu ces photos, et Tim et moi l’avons juste perdu, pleurant comme des animaux. J’ai dit à Tim: « Je l’aime. » Il a dit: « Oui, je peux l’obtenir. »
Dans le passé, vous avez parlé de Bill Clinton et de sa dégénérescence morale dans la façon dont il a traité Monica Lewinsky. Quel impact les deux derniers présidents américains ont-ils eu sur vous ?
James Ellroy : Je suis hors du monde depuis très longtemps. Je n’ai pas suivi la présidence Trump, je n’ai pas suivi la présidence Biden, je ne regarde pas la télévision à part la boxe. Le monde que je dépeint dans mes livres – d’hommes puissants – il y a des jeunes femmes malheureuses qui veulent faire partie de la scène. Les hommes mentiront et feront pratiquement n’importe quoi pour impressionner les femmes. C’est la nature de la bête.
Et aussi, peut-être, pour impressionner d’autres hommes puissants.
James Ellroy : Oui. Ce qui est une merde tordue.
Pourquoi ne vous engagez-vous plus ?
James Ellroy : Mes livres sont extrêmement complexes et nécessitent une solide année de planification avant que j’écrive le premier mot du texte. Et si je ne lis que l’époque sur laquelle j’écris, j’ai tout ce dont j’ai besoin à la maison. Je fais beaucoup de sport, j’ai un vélo elliptique dans mon bureau.
Après cette interview, je vais sauter dessus. J’ai un boom box et je fais jouer des CD de musique classique, donc je vais écouter un morceau de musique et faire de l’exercice. Souffler mes endorphines dans le ciel ? Oui.
La première fois que je t’ai interviewé, tu vivais au Kansas, la deuxième fois, tu étais à Los Angeles . Maintenant, vous êtes à Denver. J’ai cru comprendre que vous vous êtes remis avec votre ex-femme, Helen Knode ?
James Ellroy : Oui, oui, de retour avec Helen, et très heureux depuis six ans. La monogamie n’a jamais été notre problème. C’était toujours la cohabitation. La cohabitation est horrible. Alors maintenant, je vis dans l’appartement 208 et Helen vit dans l’appartement 200.
Avez-vous encore des chiens ? Vous aviez un bull terrier appelé Barko
James Ellroy : Barko le bull terrier, Margaret le bull terrier, Dudley le bull terrier. Chiens très britanniques. Mais non, pas de chiens maintenant. Parce que je suis plus vieux. Je suis juste complètement brisé par la façon dont les chiens meurent avant toi.
Possédez-vous encore beaucoup d’armes ?
James Ellroy : Quand j’avais la maison à Kansas City, j’avais beaucoup d’armes. Et j’avais une bibliothèque et tout. Mais ici, je pense que je n’en ai plus que deux. Ils restent dans l’appartement.
Quelle est ma position sur le contrôle des armes à feu ? Je n’y pense pas. Le truc, c’est qu’avec les psychopathes, s’ils veulent mettre la main sur une arme, ils vont l’avoir de gré ou de force.
Je pensais plus aux jeunes fous qui pensent : « Je déteste tout le monde ». S’il n’était pas si facile pour eux d’obtenir des armes à feu, ils pourraient simplement haïr tout le monde et ne pas leur faire de mal.
C’est un très bon point. Avec moi, cependant, appelez-moi superficiel, mais je ne réfléchis pas beaucoup à ces questions.
Vous avez rejoint les AA dans les années 1970, si tôt que la cocaïne n’était même pas là.
James Ellroy : Oui, c’était il y a si longtemps que je n’avais jamais consommé de cocaïne. La cocaïne est devenue un gros problème à Los Angeles dans les années 1980. Quand j’ai rejoint les AA, c’était bien pour les soirées dans un bain à remous. Il y avait un endroit appelé Hot Tub Fever où les gens avaient l’habitude d’aller. Prenez rendez-vous avec Hot Tub Fever et ayez votre propre chambre avec un bain à remous. Je pense que ça n’existe plus.
Comment vous sentez-vous à l’idée de vieillir ?
J’essaie d’avoir un troisième acte fort. Je suis en concurrence avec feu Philip Roth . Ce qui ressemble à une bonne durée de vie serait 88, ou 89, ou même 90, ce qui me laisse amplement le temps de terminer ce roman que j’écris en ce moment, et les deux derniers livres du « Second LA Quartet », et peut-être un autre livre.
Et faire des podcasts. Il n’y a aucun moyen de rationaliser 74 ans comme étant d’âge moyen. Cette chevauchée sauvage n’est pas éternelle. Mais je n’ai pas particulièrement peur.
Hollywood Death Trip de James Ellroy, produit par Audio Up, est disponible exclusivement sur Amazon Audible
FAQ sur James Ellroy, l’écrivain de romans noirs
1. Qui est James Ellroy ?
James Ellroy est un écrivain américain né en 1948, surtout connu pour ses romans noirs, qui dépeignent souvent le côté sombre de Los Angeles et de l’histoire américaine.
2. Quels sont les romans les plus célèbres de James Ellroy ?
Les romans les plus célèbres de James Ellroy sont probablement la « Tétralogie de Los Angeles » : « Le Dahlia Noir », « Le Grand Nulle Part », « L.A. Confidential » et « White Jazz ».
3. Quel est le style d’écriture de James Ellroy ?
Le style d’écriture de James Ellroy est souvent brut, sans concession, et centré sur la noirceur et la violence. Il est connu pour sa prose sèche et rythmée, ainsi que pour son utilisation de la première personne.
4. Comment James Ellroy est-il devenu écrivain ?
James Ellroy a commencé à écrire après la mort tragique de sa mère en 1958, qui a eu un impact profond sur sa vie. Il a commencé à écrire des histoires courtes et a travaillé comme journaliste avant de se consacrer à l’écriture de romans.
5. James Ellroy a-t-il une influence sur la littérature contemporaine ?
Oui, James Ellroy est considéré comme l’un des écrivains les plus influents de la littérature contemporaine, en particulier dans le genre du roman noir. Son style unique et sa représentation complexe de l’Amérique ont inspiré de nombreux auteurs.
6. Quels sont les thèmes récurrents dans les romans de James Ellroy ?
Les thèmes récurrents dans les romans de James Ellroy incluent la violence, le sexe, la corruption, l’Amérique et la justice. Il explore souvent les événements historiques comme l’assassinat de JFK et la guerre froide.
7. James Ellroy a-t-il remporté des prix pour ses livres ?
Oui, James Ellroy a remporté plusieurs prix pour ses livres, notamment le Prix Mystère de la Critique en France pour « Le Dahlia Noir » et le Grand Prix de Littérature Policière pour « L.A. Confidential ».
8. Des adaptations cinématographiques ont-elles été réalisées à partir des romans de James Ellroy ?
Oui, plusieurs adaptations cinématographiques ont été réalisées à partir des romans de James Ellroy, notamment « L.A. Confidential » en 1997, qui a remporté deux Oscars, et « Le Dahlia Noir » en 2006.
9. James Ellroy est-il actif sur les réseaux sociaux ?
Oui, James Ellroy est actif sur Twitter sous le nom de compte @JamesEllroyNet.
10. Quel est l’héritage de James Ellroy dans le monde de la littérature ?
L’héritage de James Ellroy dans le monde de la littérature est considérable. Il est largement reconnu comme l’un des plus grands écrivains de romans noirs, avec une influence sur de nombreux écrivains contemporains. Son style unique et sa représentation complexe de l’Amérique ont inspiré une génération d’écrivains à explorer des thèmes similaires. Ses livres ont également été adaptés au cinéma, apportant son travail à un public plus large. En fin de compte, l’héritage de James Ellroy dans la littérature est un témoignage de son talent en tant qu’écrivain et de son impact durable sur la culture populaire.
Eric CANTO Photographe : Photos de concerts, portraits, pochettes d’albums.