Elton John, Farewell Yellow Brick Road 2019 : le piano, obstacle et sujet
Elton John joue assis, de profil, derrière un piano à queue noir qui occupe un quart de la scène. C’est la configuration la plus contraignante qui soit pour un photographe de concert : le sujet est fixe, partiellement caché par son instrument, et ne se tournera jamais vers la fosse.
Le tirage Elton John
Edition originale de 30 exemplaires, signes et numerotes a la main, tires sur Hahnemuhle Photo Rag et fabriques en France.
Cinquante ans de carrière et une tournée d’adieu
Elton John enregistre son premier album en 1969 et enchaîne, dans les années soixante-dix, une série d’albums qui font de lui l’un des artistes les plus vendus de l’histoire : Madman Across the Water, Honky Château, Goodbye Yellow Brick Road.
La collaboration avec le parolier Bernie Taupin traverse toute la carrière. Le catalogue va de « Your Song » à « Rocket Man », de « Tiny Dancer » à « Candle in the Wind ». Il est fait chevalier en 1998 et cumule Grammy, Oscar et Tony Awards.
Le Farewell Yellow Brick Road World Tour, lancé en 2018, est annoncé comme sa dernière tournée. Sur scène, le dispositif est somptueux : écran géant en fond, costumes brodés, et un piano placé de trois quarts qui reste le centre de gravité de tout le spectacle.
Le piano, obstacle et sujet
Un pianiste sur scène pose un problème géométrique simple : le couvercle du piano est relevé et masque le visage depuis une bonne moitié de la fosse. Selon la position, on photographie soit le dos de l’instrument, soit un musicien coupé à la taille par une masse noire.
Il existe en général un seul angle exploitable, situé du côté du clavier, souvent à l’extrémité de la fosse. Tous les photographes le savent, ce coin est le plus disputé, et il faut y être avant l’ouverture plutôt que de tenter de s’y glisser après le premier titre.
Depuis cet angle, l’image se construit sur trois éléments : le profil, les mains sur le clavier, et le reflet dans le vernis du couvercle. Ce reflet, souvent traité comme une gêne, est en réalité ce qui donne de la profondeur à l’image et distingue une photo de pianiste d’une simple photo de musicien assis.
Un écran géant en arrière-plan
Les grandes tournées de ce format utilisent un mur d’images derrière la scène. C’est spectaculaire à l’oeil et redoutable au boîtier : l’écran est beaucoup plus lumineux que le sujet, il change de contenu toutes les deux secondes, et il impose sa dominante colorimétrique à toute l’image.
Deux réflexes s’imposent. Exposer pour le musicien et laisser l’écran saturer, parce que personne n’achète un tirage pour le fond. Et surveiller ce que l’écran affiche au moment du déclenchement : un visage géant ou un mot lisible derrière l’artiste transforme complètement la lecture de l’image, parfois pour le meilleur, souvent pour le pire.
Le tirage : le noir laqué du piano
Le vernis d’un piano de concert est la surface la plus difficile à restituer sur papier. C’est un noir profond parcouru de reflets nets, et l’écart entre les deux se joue sur quelques valeurs. Un papier brillant ajoute son propre reflet et brouille tout.
Le Hahnemühle Photo Rag® 308 g, coton mat, tient ce noir sans reflet parasite et conserve la netteté des sources qui s’y reflètent. Tirage en édition originale de trente exemplaires, tous formats confondus, numérotés de 1/30 à 30/30, signés à la main, avec certificat d’authenticité nominatif et embossé. Fabrication française. Formats et conditions sur la page tirages de concert.
Retrouvez cette image en tirage d’art signé et numéroté : Elton John, Farewell Yellow Brick Road World Tour (2019).





