Mass Hysteria, Matière Noire Tour 2016 : la fosse comme sujet
Je suis directeur artistique de Mass Hysteria depuis 2009, et j’ai signé plusieurs de leurs pochettes d’albums. Photographier ce groupe n’est donc pas un travail de fosse ordinaire : je connais les morceaux, je sais quand la scène va basculer, et j’ai le temps que la plupart des photographes n’ont pas.
Le tirage Mass Hysteria
Edition originale de 30 exemplaires, signes et numerotes a la main, tires sur Hahnemuhle Photo Rag et fabriques en France.
Trente ans de metal français
Mass Hysteria se forme à Paris au milieu des années quatre-vingt-dix et devient l’un des rares groupes français de metal à tenir dans la durée sans jamais chanter en anglais. Le groupe mêle riffs lourds, samples industriels et textes en français portés par Mouss Kelai.
Contraddiction (1999) installe la formule. Les albums suivants alternent entre le studio et le live, avec une réputation scénique qui dépasse largement leur exposition médiatique. Matière Noire (2015) donne son nom à cette tournée.
J’ai réalisé la direction artistique de huit de leurs albums, dont Failles, L’Armée des Ombres, Matière Noire et Maniac. Le livre 10 ans de Furia, consacré au groupe, a reçu la Victoire de la Musique Rock et Métal du Livre de l’Année en 2021.
Ce que change le fait de connaître un groupe
Un photographe accrédité découvre le concert en même temps qu’il le photographie, et n’en voit que les trois premiers morceaux. Quand on travaille avec un groupe depuis des années, la situation est inversée : on connaît la setlist, on sait quel morceau déclenche le mur de public, à quelle mesure le chanteur descend de la scène, et où se placer avant que ça n’arrive.
Cela ne rend pas les images plus faciles techniquement, la lumière reste la même. Mais cela déplace complètement le taux de réussite. Là où un photographe de passage rentre avec deux ou trois images utilisables, l’anticipation permet de construire une série cohérente sur toute la durée du set.
C’est aussi ce qui autorise les images que personne d’autre ne fait : les coulisses, les minutes avant l’entrée en scène, le retour au loge juste après. Ces moments ne s’obtiennent pas avec une accréditation, ils s’obtiennent avec une relation de travail installée dans le temps.
La fosse comme sujet
Sur ce répertoire, le public fait partie du spectacle au sens propre. Les mouvements de foule sont organisés depuis la scène, et la salle exécute. Photographier uniquement le groupe revient à documenter la moitié du concert.
Se retourner et cadrer la fosse depuis la barrière donne des images d’une densité que la scène seule ne produit jamais : des centaines de bras levés, des visages éclairés par le retour de la lumière de scène, une masse en mouvement. Techniquement, il faut du grand-angle, une vitesse élevée et accepter beaucoup de bruit, parce que le public reçoit toujours cinq fois moins de lumière que le plateau.
Le tirage : une image dense
Ces photographies contiennent énormément d’information : beaucoup de personnages, de la fumée, des contrastes marqués. C’est typiquement le type d’image qui perd tout en petit format, où la foule devient une texture indistincte, et qui prend une autre dimension à partir du 60 par 80.
Le Hahnemühle Photo Rag® 308 g, coton mat, garde la lisibilité des visages dans la masse sans durcir l’ensemble. Tirage en édition originale de trente exemplaires, tous formats confondus, numérotés de 1/30 à 30/30, signés à la main, avec certificat d’authenticité nominatif et embossé. Fabrication française. Formats et conditions sur la page tirages metal.
Retrouvez cette image en tirage d’art signé et numéroté : Mass Hysteria, Matière Noire Tour (2016).









