[{"@context":"https:\/\/schema.org\/","@type":"BlogPosting","@id":"https:\/\/ericcanto.com\/willy-ronis-photographe\/#BlogPosting","mainEntityOfPage":"https:\/\/ericcanto.com\/willy-ronis-photographe\/","headline":"Willy Ronis, le photographe humaniste du XXe si\u00e8cle","name":"Willy Ronis, le photographe humaniste du XXe si\u00e8cle","description":"Willy Ronis, grand photographe humaniste, est mis \u00e0 l\u2019honneur dans l\u2019exposition \u00ab Willy Ronis par Willy Ronis \u00bb au Kiosque de Vannes depuis le 09 d\u00e9cembre 2022 et\u00a0 jusqu\u2019au 05 mars 2023. 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Je suis \u00e9galement auteur de 3 livres dont le dernier \u00ab 10 ans de Furia \u00bb qui  obtient la victoire de la musique Rock et M\u00e9tal. Mon activit\u00e9 de photographe m'a permis de shooter de nombreux artistes: U2, Muse, Rihanna, Lenny Kravitz, Elton John, Slash, Paul Mc Cartney, Radiohead, Jay-Z, .... \nDurant ces derni\u00e8res ann\u00e9es, j'ai eu la chance de voyager dans de nombreux pays, plus de 100.000 km dans des tour bus, en avion, en train, d\u2019\u00eatre invit\u00e9 dans le plus grand Apple store du monde \u00e0 Londres pour y faire une conf\u00e9rence, de shooter Suicidal tendencies ou Ghost dans des toilettes, de boire des coups en regardant Lemmy de Mot\u00f6rhead jouer au flipper, de d\u00e9rusher mes photos avec Bj\u00f6rk en peignoir dans sa loge, faire du quad avec Slipknot,de faire des photos de fin de concerts avec 50.000 personnes qui l\u00e8vent les bras, de boire quelques semi-remorques de bi\u00e8res, de me coucher trop tard et me r\u00e9veiller trop t\u00f4t, de traverser cette fr\u00e9n\u00e9sie pour y capter  quelques moments.","thumbnailUrl":["https:\/\/i.ytimg.com\/vi\/aRpwEaQ7nwk\/default.jpg","https:\/\/i.ytimg.com\/vi\/aRpwEaQ7nwk\/mqdefault.jpg","https:\/\/i.ytimg.com\/vi\/aRpwEaQ7nwk\/hqdefault.jpg","https:\/\/i.ytimg.com\/vi\/aRpwEaQ7nwk\/sddefault.jpg","https:\/\/i.ytimg.com\/vi\/aRpwEaQ7nwk\/maxresdefault.jpg"],"uploadDate":"2022-05-21T16:13:16+00:00","duration":"PT1M9S","embedUrl":"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/aRpwEaQ7nwk","publisher":{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.youtube.com\/channel\/UCbsVQj6XKCKV5mQ1iv3GTNA#Organization","url":"https:\/\/www.youtube.com\/channel\/UCbsVQj6XKCKV5mQ1iv3GTNA","name":"Eric CANTO","description":"Je photographie la sc\u00e8ne musicale rock depuis pr\u00e8s de 20 ans. 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Ils s\u2019installent dans le 9e arrondissement.Alors que son p\u00e8re est retoucheur en photographie dans son studio \u00ab\u00a0Roness\u00a0\u00bb (le patronyme a \u00e9t\u00e9 \u00e9corch\u00e9 par un agent de l\u2019\u00e9tat civil)Willy, lui, r\u00eave de devenir compositeur de musique.Mais, lorsque son p\u00e8re lui offre son premier appareil photographique \u00e0 ses 15 ans, le jeune homme d\u00e9couvre un autre art, celui de la photographie, qui fa\u00e7onnera toute sa vie.\u00a0 Il r\u00e9alise ses premiers clich\u00e9s d\u2019un Paris populaire \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 18 ans. Nous sommes en 1928.Apr\u00e8s une scolarit\u00e9 au Lyc\u00e9e Rollin, il part \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de la Sorbonne en 1929 afin de devenir compositeur de musique.&nbsp;Willy Ronis, l\u2019\u00e9preuve qui change sa vieC\u2019est au retour de son service militaire en 1932, que Willy voit sa vie bouscul\u00e9e. Son p\u00e8re atteint d\u2019un cancer est tr\u00e8s malade. Il l\u2019assiste alors dans son studio\u00a0 jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s en 1935. A l\u2019\u00e9poque, Willy d\u00e9teste ce travail mais se passionne pour les expositions de photographies. Le studio est vendu. La famille d\u00e9m\u00e9nage dans le 11\u00e8me arrondissement.C\u2019est en 1936 que Willy r\u00e9alise ses premiers clich\u00e9s, loin de la photographie conventionnelle de son p\u00e8re. Ses premi\u00e8res photographies, il les r\u00e9alise place de la Bastille, le 14 juillet 1936, lors de la victoire du Front Populaire et des manifestations ouvri\u00e8res. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il immortalise la Petite fille au bonnet phrygien, une enfant, le poing lev\u00e9 sur les \u00e9paules de son p\u00e8re.\u00ab Ce qui m\u2019a sauv\u00e9, c\u2019est que je ne suis pas entr\u00e9 en photographie par vocation. Je suis tomb\u00e9 dedans par accident. Je ne le regrette pas puisque ce mariage de raison est devenu mariage d\u2019amour. Mais cela m\u2019a pr\u00e9serv\u00e9 de certains chocs psychologiques, qui m\u2019auraient immanquablement d\u00e9stabilis\u00e9 si j\u2019avais d\u00fb constater qu\u2019une vocation profonde n\u2019\u00e9tait pas suivie d\u2019effets ou de r\u00e9sultats probants. \u00bbCes premiers clich\u00e9s, sign\u00e9s sous le nom de \u00ab\u00a0Roness\u00a0\u00bb jusqu\u2019en 1945, sont publi\u00e9s par la revue\u00a0Regards, revue communiste.\u00ab\u00a0J&rsquo;ai toujours \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9 par les probl\u00e8mes \u00e9conomiques et sociaux, disait-il, par la condition humaine\u2026 en tant qu&rsquo;homme et photographe. Je mourrai le c\u0153ur \u00e0 gauche.\u00a0\u00bb&nbsp; Willy Ronis, le photographe humaniste engag\u00e9\u00a0Le d\u00e9clic a lieu.Willy s\u2019engage dans le photo reportage et plus particuli\u00e8rement sur le monde ouvrier. L\u2019\u00e9poque est propice aux commandes.C\u2019est avec son premier Rolleiflex en 1937, qu\u2019il publie dans Plaisir de France et qu\u2019il r\u00e9alise ses premiers reportages photographiques.D\u2019ob\u00e9dience communiste \u00a0depuis 1923, il est membre du parti communiste de 1945 \u00e0 1964,\u00a0 et sera de toutes les manifestations ouvri\u00e8res comme \u00a0les gr\u00e8ves chez Citro\u00ebn en 1938, ou encore chez Renault en 1950.\u00ab\u00a0J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 membre du Parti communiste un certain temps, et j&rsquo;ai travaill\u00e9 quelques ann\u00e9es pour ce mouvement, tout en restant ind\u00e9pendant. J&rsquo;\u00e9tais orient\u00e9, certes, mais je suis rest\u00e9 libre!\u00a0\u00bbIl rencontre de grands photographes que sont Robert Capa,\u00a0David Seymour, Andr\u00e9 Kert\u00e9sz,\u00a0Brassa\u00ef\u00a0et\u00a0Henri Cartier-Bresson avec lesquels il partage les m\u00eames id\u00e9aux. Il cr\u00e9e avec ce dernier l\u2019Association des \u00e9crivains et artistes r\u00e9volutionnaires.\u00ab\u00a0J&rsquo;avais rencontr\u00e9 Robert Capa et Chim (Seymour) chez mon p\u00e8re, ils venaient se servir de sa glaceuse. Ils \u00e9taient reporters de guerre, ils rentraient d&rsquo;Espagne, ils avaient une aur\u00e9ole ! Moi je ne pouvais pas partir, j&rsquo;avais ma m\u00e8re \u00e0 charge. Mais au moins je pouvais \u00eatre dehors.\u00a0\u00bb (Arles, juillet 2009)Pendant la 2e guerre mondiale, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9 en 1939, il rentre \u00e0 Paris. Willy fuit le r\u00e9gime de Vichy pour \u00e9viter la d\u00e9portation du fait de ses origines. Il passe clandestinement en zone libre et s\u2019installe \u00e0 Marseille en 1941, contrairement \u00e0 sa m\u00e8re qui malgr\u00e9 son \u00e9toile jaune reste vivre \u00e0 Paris.C\u2019est pendant cette parenth\u00e8se qu\u2019il rencontre et \u00e9pouse en 1946 Marie-Anne Lansiaux\u00a0; la femme de sa vie. Il exerce le m\u00e9tier de d\u00e9corateur de studio ou encore de r\u00e9gisseur de th\u00e9\u00e2tre.C\u2019est \u00e9galement pendant ces ann\u00e9es Vauclusiennes qu\u2019il immortalise sa femme lors de sa toilette. Ces clich\u00e9s conna\u00eetront un large succ\u00e8s.C\u2019est \u00e0 la Lib\u00e9ration que Ronis retourne \u00e0 Paris. Avec sa femme, ils s\u2019installent dans le 15e arrondissement avec leur fils Vincent Kaldor (fils de Marie-Anne, adopt\u00e9 par Willy).&nbsp;https:\/\/www.ericcanto.com\/&nbsp;Il int\u00e8gre l\u2019agence Rapho en 1946 et reprend le photo-reportage, notamment sur le retour des prisonniers de guerre, les ouvri\u00e8res, la gr\u00e8ve des mineurs de Saint-Etienne en 1948.Militant pour la reconnaissance de la photographie comme discipline artistique, il collabore avec diff\u00e9rentes revues comme Point de vue, l\u2019Ecran fran\u00e7ais, le Monde et m\u00eame le magazine Life, parcourt l\u2019Europe au d\u00e9but des ann\u00e9es 50, travaille pour Air France, la publicit\u00e9, enseigne \u00e0 l\u2019EDHEC\u2026\u00ab\u00a0Le photographe peut d\u00e9noncer des choses. Mais il ne doit pas avoir la pr\u00e9tention de changer les choses.\u00a0\u00bbSon style est reconnaissable parmi tous, des noir et blanc avec une lumi\u00e8re travaill\u00e9e. Willy Ronis l\u2019artiste photographe a le vent en poupe et conna\u00eet de belles ann\u00e9es.Ce qui l\u2019int\u00e9resse, c\u2019est le quotidien, \u00ab\u00a0la po\u00e9sie de la rue\u00a0\u00bb. Il est le photographe de la vie quotidienne ordinaire, \u00ab\u00a0des tranches de vie\u00a0\u00bb, des gens, des passants, du hasard. Son t\u00e9moignage photographique est universel. \u00a0Willy traque l\u2019instant avec un r\u00e9alisme po\u00e9tique sans pareil. \u00a0Pour le photographe, Paris est un cadre parfait pour capturer des images de la vie ordinaire.Son travail sera r\u00e9compens\u00e9 par le \u00ab\u00a0Prix Kodak\u00a0\u00bb en 1947.\u00ab Je ne mets pas en sc\u00e8ne, je n\u00e9gocie l&rsquo;al\u00e9atoire. Le photographe ne pr\u00e9m\u00e9dite pas ses images, Il cherche \u00e0 capter, dans ses promenades le nez en l&rsquo;air, les petits bonheurs simples, modestes. \u00bbIl rencontre \u00e9galement un grand succ\u00e8s dans le cadre de son travail, en RDA (R\u00e9publique d\u00e9mocratique allemande),\u00a0 pour l&rsquo;Association d&rsquo;\u00e9changes franco-allemands. De ce projet o\u00f9 il capture la vie tant industrielle que culturelle du pays, naitra une exposition itin\u00e9rante, pr\u00e9sent\u00e9e dans 70 sites en France, jusqu\u2019en 1974, puis \u00e0\u00a0 Versailles en 2021 \u00ab\u00a0 Willy Ronis en RDA \u2013 La vie avant tout, 1960-1967\u00a0\u00bb. Son travail livrera avec empathie et optimisme, la souffrance d\u2019un pays d\u00e9chir\u00e9 et coup\u00e9 en deux.&nbsp;&nbsp;\u00a0\u00ab\u00a0J\u2019ai travaill\u00e9 en parfaite libert\u00e9 et fait un tr\u00e8s beau voyage\u00a0!\u00a0\u00bbMalheureusement, sa mani\u00e8re humaniste de photographier, \u00a0si particuli\u00e8re, laissant la place \u00e0 l\u2019instant, \u00e0 la spontan\u00e9it\u00e9, \u00e0 la gaiet\u00e9, \u00e0 la tendresse, sera critiqu\u00e9e comme \u00e9tant mi\u00e8vre, sentimentaliste et trop po\u00e9tique. \u00ab\u00a0Vous ne trouverez pas une seule photo m\u00e9chante, expliquait-il au Monde en 2005. Je n&rsquo;ai jamais voulu donner des gens une image ridicule.\u00a0\u00bbLas des critiques, il arr\u00eate le photojournalisme en 1972, d\u00e9\u00e7u par le manque de libert\u00e9 laiss\u00e9e au photographe sur l\u2019utilisation des clich\u00e9s, et quitte Paris pour s\u2019installer dans le Midi.&nbsp;Willy Ronis, de la travers\u00e9e du d\u00e9sert \u00e0 la renaissanceSa carri\u00e8re s\u2019essouffle. Ronis vit une travers\u00e9e du d\u00e9sert et les ann\u00e9es 1970 sont financi\u00e8rement difficiles.Il part vivre \u00e0 L\u2019Isle-sur-la-Sorgue dans le Vaucluse en 1972 avec sa famille. De fait, il rebondit. Il consacre du temps \u00e0 l\u2019enseignement que cela soit \u00e0 Marseille, en Avignon, \u00e0 Aix-en- Provence.En 1979, il re\u00e7oit le Grand Prix national de la photographie.\u00a0 Puis, il retrouve une notori\u00e9t\u00e9 en 1980, lorsque il publie sa premi\u00e8re monographie Sur le fil du hasard\u00a0aux \u00c9ditions Contrejour, qui re\u00e7oit le prix Nadar en 1981.De nouveaux projets voient le jour, publications, expositions, cartes postales, mais entach\u00e9s par le deuil.\u00a0 Vincent, son fils\u00a0 d\u00e9c\u00e8de brutalement dans un accident de deltaplane en 1988, puis Marie-Anne, son amour, en 1991.Veuf et sans enfant, il fait don de son \u0153uvre \u00e0 l&rsquo;Etat (82 000 n\u00e9gatifs, 6 000 diapositives couleurs, 18 000 tirages, 6 albums comportant 590 tirages de r\u00e9f\u00e9rence, 26 cartons d&rsquo;archives, 720 volumes de biblioth\u00e8que, 400 volumes de p\u00e9riodiques), nomme quatre ex\u00e9cuteurs testamentaires, d\u00e9tenteurs du droit moral de son \u0153uvre et charg\u00e9s de veiller \u00e0 son utilisation.En 2001-2002, touch\u00e9 par l\u2019arthrite, il \u00a0r\u00e9alise sa derni\u00e8re s\u00e9rie de photos et arr\u00eate la photographie \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 91 ans.En 2005, une grande r\u00e9trospective lui est consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de ville de Paris (500\u00a0000 visiteurs), et en 2009 les 40e Rencontres d\u2019Arles le mettent \u00e0 l\u2019honneur.Willy Ronis d\u00e9c\u00e8de \u00e0 99 ans dans la nuit du 11 au septembre 2009 \u00e0 l\u2019H\u00f4pital Tenon dans le 20\u00e8me arrondissement de Paris.\u00a0 A presque centenaire, il n\u2019a pas le temps de terminer sa derni\u00e8re exposition pr\u00e9vue en 2010, pour son 100e anniversaire. Willy Ronis r\u00e9compenses et distinctions \u2013 1947: prix Kodak\u2013 1957\u00a0: m\u00e9daille d&rsquo;or \u00e0 la\u00a0Biennale de Venise\u2013 1979\u00a0:\u00a0grand Prix national de la photographie\u2013 \u00a01981\u00a0:\u00a0prix Nadar, pour son livre\u00a0Sur le fil du hasard, publi\u00e9 aux\u00a0\u00e9ditions Contrejour\u2013 1990\u00a0:\u00a0Chevalier de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur\u2013 1993\u00a0: nomm\u00e9 membre de la\u00a0Royal Photographic Society\u2013 1994\u00a0:\u00a0Officier de l&rsquo;ordre national du M\u00e9rite\u2013 1998\u00a0: docteur\u00a0honoris causa\u00a0de l&rsquo;universit\u00e9 de Warwick\u00a0(Royaume-Uni)\u2013 2001\u00a0:\u00a0Commandeur de l&rsquo;ordre national du M\u00e9rite\u2013 2006\u00a0:\u00a0Lucie Award pour l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;une vie, New York\u2013 2008\u00a0:\u00a0Officier de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur\u2013 2015\u00a0: Une voie porte son nom dans le 20e arrondissement de Paris \u00ab\u00a0photographe humaniste\u00a0\u00bb\u2013 2019\u00a0: une plaque est appos\u00e9e sur son domicile, passage des Charbonniers, Paris, 15e arrd&nbsp;Willy Ronis, ses publications les plus reconnues\u2013 1954\u00a0: Belleville M\u00e9nilmontant, textes de\u00a0Pierre Mac Orlan, \u00c9ditions Arthaud, Paris.\u2013 1981\u00a0: Sur le fil du hasard,\u00a0Contrejour\u00a01981 (prix Nadar)\u2013 1985\u00a0: Mon Paris, aux\u00a0\u00c9ditions Deno\u00ebl, Paris\u2013 1986\u00a0: Willy Ronis photographe, G\u00e9rard Pinhas \u00e9diteur\u2013 2001\u00a0: A nous la vie\u00a0!\u00a0: 1936-1958, avec\u00a0Didier Daeninckx, \u00c9ditions Ho\u00ebbeke\u2013 2001\u00a0: Pour la libert\u00e9 de la Presse, Reporters Sans Fronti\u00e8res, Paris,\u2013\u00a0 2004\u00a0: Le Val et les Bords de Marne, \u00c9ditions Terre Bleue, Paris,\u2013 2005\u00a0: Willy Ronis,\u00a0Actes Sud, Arles,\u2013 2005\u00a0: Paris, \u00e9ternellement, avec Daniel Karlin, \u00c9ditions Ho\u00ebbeke, Paris,\u2013 2006\u00a0: Willy Ronis (photogr.\u00a0Willy Ronis),\u00a0Ce jour-l\u00e0,\u00a0Mercure de France,\u00a0coll.\u00a0\u00ab\u00a0Traits portraits\u00a0\u00bb\u2013 2007\u00a0: Les chats de Willy Ronis, Flammarion, Paris\u2013 2008\u00a0: Nues, avec\u00a0Philippe Sollers, \u00c9ditions Terre Bleue, Paris,\u2013 2008 : Provence, \u00c9ditions Ho\u00ebbeke, Paris,-2010\u00a0: Derri\u00e8re l\u2019objectif de Willy Ronis, \u00c9ditions\u00a0Ho\u00ebbeke, Paris\u2013 2012\u00a0: Le si\u00e8cle de Willy Ronis, avec\u00a0Fran\u00e7oise Denoyelle, \u00c9ditions Terre Bleue\u2013 2018\u00a0: Willy Ronis par Willy Ronis \u2013 Le regard in\u00e9dit du photographe sur son \u0153uvre,\u00a0Flammarion, Paris,\u2013 Willy Ronis en RDA \u2013 La vie avant tout, 1960-1967&nbsp;Willy Ronis, ses plus c\u00e9l\u00e8bres clich\u00e9s&nbsp;Le Nu Proven\u00e7al, 1949En 1949 Ronis r\u00e9alise le \u00ab Nu Proven\u00e7al \u00bb, qui devient \u00a0l&rsquo;une de ces plus c\u00e9l\u00e8bres photographies.On y voit sa femme, Marie-Anne, en contre-jour, un jour de grande chaleur, de dos, se rafra\u00eechissant \u00e0 l\u2019aide d\u2019une bassine.\u00a0\u00ab Avec ma femme, nous avions achet\u00e9 une ruine \u00e0 Gordes et nous avions d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;y passer nos vacances. Le confort \u00e9tait rustique, il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 et nous devions aller chercher l&rsquo;eau \u00e0 une fontaine. Un matin, alors que j&rsquo;allais prendre mon petit d\u00e9jeuner, j&rsquo;ai vu ma femme en train de faire sa toilette. Je lui ai dit, ne bouge pas, et je suis all\u00e9 chercher en vitesse mon Rolleiflex qui \u00e9tait sur le buffet. J&rsquo;ai gravi deux marches de l&rsquo;escalier qui montait au grenier. J&rsquo;ai pris quatre photos. Pas une de plus. Cela m&rsquo;a pris \u00e0 peine une minute.\u00a0\u00bb\u00a0Rue Muller, Paris, 1934&nbsp;&nbsp;\u00ab Montmartre, Rue Muller, 1934. C\u2019est la nuit, j\u2019ai travaill\u00e9 sur pied, c\u2019est rare, j\u2019ai profit\u00e9 de la pluie, pour les reflets. Je pr\u00e9f\u00e8re travailler en vitesse. Habitant non loin, j\u2019avais rep\u00e9r\u00e9 cet escalier. C\u2019est une photo dans l\u2019esprit du r\u00e9alisme po\u00e9tique de l\u2019\u00e9poque, on a l\u2019impression d\u2019un d\u00e9cor en studio, \u00e0 la Trauner, que j\u2019ai connu plus tard. J\u2019ai fait un temps partie de la bande \u00e0 Pr\u00e9vert. \u00bb\u00a0Place Vend\u00f4me, Paris, 1947&nbsp;&nbsp;\u00ab C&rsquo;\u00e9tait une fin de matin\u00e9e, sur la place Vend\u00f4me. Tout \u00e0 coup, je ne sais pas pourquoi, je baisse la t\u00eate et je remarque une flaque d&rsquo;eau. Je me penche encore et en la regardant bien attentivement, je vois qu&rsquo;un tr\u00e9sor se cache dans cette flaque, la colonne Vend\u00f4me s&rsquo;y refl\u00e8te, j&rsquo;ai bien s\u00fbr tout de suite envie de faire une photo. \u00bb\u00a0Le Petit Parisien, 1952Pour le photographe, cette photographie repr\u00e9sente la vie quotidienne de l\u2019\u00e9poque. Elle offre une image universelle d\u2019un moment de vie ordinaire.&nbsp;\u00ab Il \u00e9tait midi, je suis all\u00e9 dans mon quartier r\u00f4der du c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une boulangerie. Dans la queue, j&rsquo;ai vu ce petit gar\u00e7on, avec sa grand-m\u00e8re, qui attendait son tour. Il \u00e9tait charmant, avec un petit air d\u00e9lur\u00e9. J&rsquo;ai demand\u00e9 \u00e0 sa grand-m\u00e8re : S&rsquo;il vous pla\u00eet, madame, est-ce que vous m&rsquo;autoriseriez \u00e0 photographier ce gar\u00e7on quand il sortira avec son pain ? J&rsquo;aimerais bien le voir courir avec son pain sous le bras. Mais oui, bien s\u00fbr, si \u00e7a vous amuse, pourquoi pas ? \u00bb\u00a0Les amoureux de la Bastille, Paris, 1957Lors d\u2019une balade dans Paris, Ronis aper\u00e7oit un couple, de dos, qui contemple les toits de la capitale. Fugacement, il immortalise la sc\u00e8ne. Cette image deviendra une des plus c\u00e9l\u00e8bres du photographe.&nbsp;Eric CANTO Photographe : Photos de concerts, portraits, pochettes d&rsquo;albums.Visitez mon portfolio Visitez le blog Visitez le shop Contactez moi&nbsp;&nbsp;            Contents                                    hide                                                    1                Willy Ronis, son enfance                                2                Willy Ronis, l\u2019\u00e9preuve qui change sa vie                                3                Willy Ronis, le photographe humaniste engag\u00e9                                4                Willy Ronis, de la travers\u00e9e du d\u00e9sert \u00e0 la renaissance                                5                Willy Ronis r\u00e9compenses et distinctions                                6                Willy Ronis, ses publications les plus reconnues                                7                Willy Ronis, ses plus c\u00e9l\u00e8bres clich\u00e9s        "},{"@context":"https:\/\/schema.org\/","@type":"BreadcrumbList","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Willy Ronis, le photographe humaniste du XXe si\u00e8cle","item":"https:\/\/ericcanto.com\/willy-ronis-photographe\/#breadcrumbitem"}]}]